Élément chimique de symbole At et de numéro atomique 85, l’astate (du grec astatos, instable) a autrefois été appelé ékaiode et alabame. Les Anglo-Saxons le nomment astatine.
Dernier élément du groupe des halogènes dont la place dans le tableau périodique était restée vide jusqu'en 1940, quand il fut préparé pour la première fois par D. R. Corson, K. R. MacKenzie et E. Segrè sous forme de l'isotope radioactif de masse 211 (demi-vie 7,214 h) en irradiant le bismuth 209 par des particules alpha :
209Bi + 4He → 211At + 2n
L'isotope ainsi formé se désintègre par émission alpha (41,8 p. 100) et par capture K (58,2 p. 100) conduisant au bismuth 207 et au polonium 211.
On ne connaît pas d'isotopes stables de l'astate ; en revanche, 32 isotopes radioactifs ont été obtenus (191At, et de 193At à 223At), parmi lesquels 210At possède la plus longue demi-vie (8,1 h). Par la suite, des traces d'astate ont été trouvées dans les complexes des trois séries radioactives naturelles de l'uranium, du thorium et de l'actinium : 215At (demi-vie 0,10 ms) et 219At (demi-vie 56 s), descendant de 235U ; 218At (demi-vie 1,5 s), descendant de 238U. Mais la vie courte de ces isotopes ne permet pas la préparation de quantités importantes de l'élément en vue de l'étude de ses propriétés physiques et chimiques, dont certaines ont été établies par des méthodes radiochimiques. Ses températures de fusion et d’ébullition seraient, respectivement, de 302 0C et 337 0C. On estime que la quantité totale d’astate dans la croûte terrestre est constamment inférieure à 30 grammes.
Il a été ainsi établi que l'astate, par ses propriétés chimiques, se rapproche de l'iode, l'halogène qui le précède dans le tableau périodique. Il est peu soluble dans l'eau, beaucoup plus soluble dans le benzène et le tétrachlorure de carbone. On en connaît l'ion astature At— ainsi que les ions AtO— et AtO—3.
Universalis
Retour en haut




