Le 2 novembre 1789, l'Assemblée constituante décide que les biens du clergé seront « mis à la disposition de la nation » pour rembourser la dette de l'État. Mais il est nécessaire de mobiliser ce capital évalué à quelque trois milliards de livres. Le 19 décembre, l'Assemblée crée une Caisse de l'extraordinaire chargée d'aliéner les biens du clergé. En attendant la vente, la Caisse émettra des assignats gagés sur ces biens et les détenteurs pourront s'en servir pour acheter des biens nationaux vendus aux enchères. Opération avantageuse, puisque l'assignat porte 5% d'intérêt : c'est en quelque sorte un bon du Trésor remboursable en biens fonciers. Les assignats donnés en paiement de ces biens seraient détruits. La première émission est de 400 millions de livres. Le 17 avril 1790, l'assignat est transformé en un papier-monnaie, portant intérêt à 3% et à cours forcé, que l'État utilise pour tous ses paiements. Le 29 septembre, la Constituante décide de rembourser la dette exigible par une émission de 1 200 millions de livres sans intérêt. Dès lors, le processus inflationniste est engagé, d'autant que l'État se sert des assignats pour payer les dépenses courantes […]
