Grand fief de Gascogne, l'Armagnac correspond approximativement à l'actuel département du Gers. Issu du démembrement du diocèse d'Eauze-Auch, il fut érigé en comté vers 960. L'acquisition du comté de Fezensac avec Auch, vers 1140, l'agrandit considérablement. Lorsque les rois d'Angleterre et de France contrôlèrent respectivement le duché d'Aquitaine et le comté de Toulouse (xiiie-XVe s.), la maison d'Armagnac profita de sa position intermédiaire pour relâcher ses liens vassaliques et obtenir, le plus souvent par mariage, de nombreux fiefs tels l'Eauzan (fin xiiie s.), le comté de Rodez au nord de la Garonne (1301), la Lomagne (1325). Ce vaste ensemble manquait cependant un peu de cohérence et aussi d'une structure administrative territoriale. C'est l'explication majeure de ses échecs dans sa longue lutte contre la maison de Foix : succession de Béarn (1290), cuisante défaite de Launac (1362), enfin, surtout à partir de 1378, lutte plus indécise pour le Comminges : les comtes d'Armagnac enlèvent d'abord l'infortunée héritière, puis, après la mort de celle-ci, plaident leur cause devant le roi qui met les plaideurs d'accord en s'a […]
