Aristophane est le plus grand poète comique grec. Ses comédies, qui peuvent paraître, avec leur fantaisie verbale et leurs outrances grossières, destinées à faire rire la populace, témoignent d'une attitude franche et réfléchie en face des problèmes qui se posaient à ses contemporains : elles expriment les convictions profondes d'un citoyen engagé dans la vie politique et attentif au mouvement des idées.
1. Un dramaturge engagé
Aristophane, né à Athènes sans doute en 445 avant J.-C., fit représenter sa première comédie, Les Banqueteurs, où, semble-t-il, il raillait l'éducation des sophistes, en 427, sous un nom d'emprunt, comme la deuxième, Les Babyloniens, dirigée contre le démagogue Cléon, en 426. La plupart de ses pièces ont été publiées pendant la guerre du Péloponnèse, qui dura de 431 à 404, et elles sont profondément marquées par l'actualité. Elles appartiennent à ce que l'on a appelé la comédie « ancienne », dont la structure complexe est illustrée par une mise en scène à grand spectacle. Le chœur participe à l'action avec animation et, dans une sorte d'intermède, la parabase, dépouillant son déguisement grotesque, s'avance vers les spectateurs et leur adresse, sur un ton sérieux, un grave discours au nom du poète, qui donne à ses concitoyens des conseils de morale et de politique. Les personnages les plus en vue ne sont pas ménagés et sont parfois représentés dans les postures les plus ridicules.
Les deux dernières comédies conservées, L'Assemblée des femmes (392) et le Ploutos (388), postérieures à la guerre, sont d'un genre différent et on les rattache à ce qu'on appelle parfois la comédie « moyenne » : on n'y trouve plus d'invectives directes contre les personnalités en place et, le rôle du chœur devenant de moins en moins important, la part du spectacle s'y trouve aussi réduite.
Il semble qu'Aristophane mourut vers 380 après avoir fait jouer 44 pièces, dont 11 seulement ont subsisté. Si les dates de sa vie sont incertaines, les détails n'en sont guère mieux connus, sinon par les r […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…



