3. L'homéisme riminien
Si les théologiens d'Orient s'efforçaient de préciser les relations ad intra des personnes divines en insistant sur la distinction des hypostases, ils évitaient soigneusement l'emploi du terme ὁμοούσιος. Or ce rejet du dogme de Nicée supprimait, au fond, un critère d'orthodoxie, abrupt, mais, en un sens objectif. Les recherches doctrinales allaient ainsi, pour près d'un demi-siècle, être livrées aux nuances les plus subtiles. Deux voies s'ouvraient à l'investigation théologique : soit la négation de toute ressemblance entre le Père et le Fils (voie suivie par Eunome dans la dernière phase) ; soit, tout en reconnaissant la similitude des personnes, l'affirmation de leur inégalité : ce sera la doctrine officielle qui triomphera en 359, aux conciles de Rimini et de Séleucie. Mais, en fait, dès que l'on affirmait l'inégalité des personnes divines, il fallait bien, en poussant le raisonnement jusqu'à sa conclusion logique, affirmer une différence fondamentale de la substance, c'est-à-dire refuser complètement le dogme défini à Nicée et se rallier aux thèses les plus extrêmes de l'anoméisme.
Ce glissement logique d'une théologie conservatrice, des partisans d'une via media, vers l'anoméisme le plus radical, fut retardé par le désir d'union, plus politique que dogmatique, des conseillers ecclésiastiques de l'empereur Constance II. Repoussant à la fois les thèses anoméennes qui commençaient à se répandre et le consubstantiel nicéen, ces évêques palatins définirent en 357, puis en 358, enfin en 359, l'orthodoxie du moment. Ils affirmaient l'unicité du Père, donc sa solitude, et la subordination du Fils au Père qui « en honneur, dignité et puissance est plus grand que lui », l'Esprit n'étant que le ministre et serviteur du Fils.
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