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APOLLON, mythologie grecque

Expression la plus haute et la plus achevée de ce que fut le génie grec, Apollon apparaît, avant même la période classique, comme un dieu proprement hellène. En lui, toute trace d'une origine asiatique, si sensible chez d'autres divinités, Dionysos notamment, a été estompée, et ce dès avant les poèmes homériques qui recueillent et délivrent une tradition plutôt qu'ils ne la créent, fixent les traits principaux du dieu que la postérité enrichit et développe plutôt qu'elle ne les réforme et les remodèle. De même qu'Artémis, sa sœur jumelle, incarne la Nature en liberté, tantôt douce, tantôt terrible, mais toujours imprévisible, de même Apollon est l'Esprit en liberté, et sa beauté physique, sa grâce éblouissante, dont témoignent les œuvres qu'il inspira, ne sont que la liberté de l'esprit manifestée par le corps. Apollon est le dieu de la « théorie », le dieu qui voit clair et loin, dieu solaire qui enseigne la prédiction (c'est dans son temple de Delphes qu'officiait la Pythie) aussi bien que la guérison (il est père d'Esculape), dieu d'équité (Thémis l'a nourri) et d'harmonie, qui se tient au-dessus de toutes les mêlées (cf. le combat des dieux, dans L'Iliade au chant XXI). Il élève en l'homme la part la plus sublime de lui-même, celle par laquelle, connaissant sa propre limite, il l'a du même coup transcendée (c'est là en effet une des significations du gnôthi séauton — « connais-toi toi-même » — delphique). Mais à lui non plus il n'est pas permis d'aller plus haut et plus loin, de prétendre enchaîner jusqu'à Zeus, son propre père, et, dans l'ivresse de sa liberté, de chercher à s'affranchir de la Nécessité : car l'orgueil de l'esprit est une démesure qui le fait retomber plus bas encore que les fils de la terre ; deux fois, Apollon est condamné par Zeus à servir sept ans, comme esclave, Laomédon, roi de Troie, et Admète, roi de Phères, dont il fait prospérer les troupeaux (L'Iliade, II et XXI). Le poète, inspiré des Muses, a-t-il eu la prémonition du danger qui menace l'es […]

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ABARIS (~VIe s.?)

Écrit par :  Michel GAREL

… *Philosophe et mage mi-historique, mi-fabuleux (peut-être du ~ VIe siècle). Les témoignages dont on dispose à son sujet le font vivre tantôt au ~ VIIe, tantôt au ~ VIe, voire au ~ Ve siècle ; en fait, il semble qu'Abaris, comme Aristéas et Épiménidès, ait été un des… Lire la suite
ARTÉMIS

Écrit par :  Robert DAVREU

… *Malgré son nom probablement d'origine anatolienne, le lien qui unirait Artémis à la partie non hellénique de l'Asie Mineure est loin d'apparaître clairement. Son appartenance de longue date au monde grec ne saurait, en revanche, faire de doute, comme l'attestent poèmes et hymnes homériques. Fille de Déméter selon certaines traditions, elle est… Lire la suite
ASCLÈPIOS

Écrit par :  Robert DAVREU

… *Mentionné deux fois dans L'Iliade (II, 731 et IV, 194 sqq.) comme le père des deux plus habiles médecins du camp grec, Machaon et Podalirios, Asclèpios n'est pas un héros parmi d'autres et, s'il n'a plus aujourd'hui de sanctuaire comme il en eut jadis à Épidaure puis à Athènes, il n'est pas dit qu'il ne continue pas à inspirer aux mortels… Lire la suite
CASSANDRE

Écrit par :  Alain LABROUSSE

… *Fille de Priam et d'Hécube. Apollon, épris d'elle, lui promit le don de prophétie si elle accédait à ses désirs. Cassandre accepta la proposition, mais, une fois instruite, déroba ses faveurs. Le dieu, en lui crachant dans la bouche, lui retira le pouvoir de jamais persuader. Après la chute de Troie, elle échut en partage à Agamemnon et périt à… Lire la suite
DÉLOS

Écrit par :  Bernard HOLTZMANN

Dans le chapitre "Le sanctuaire d'Apollon"  : …  *Délos doit sa fortune antique au fait d'avoir été le théâtre d'un mythe majeur, que raconte l'Hymne homérique à Apollon, poème archaïque anonyme : Létô, engrossée par Zeus et de ce fait en butte à la vindicte d'Héra, son épouse, parvient à persuader Délos, île errante et désolée, de l'y laisser accoucher, ce qui lui procurera à jamais… Lire la suite
DELPHES

Écrit par :  Bernard HOLTZMANNGiulia SISSA

Dans le chapitre "Histoire du site"  : …  sanctuaire, avec la sacralisation de vestiges mycéniens, suivant un phénomène connu par ailleurs. *Quant au mythe de fondation que rapporte l'hymne homérique à Apollon aux vers 182-546, il raconte comment Apollon, à la recherche d'un site où installer l'oracle dont les conseils sortiront les mortels de l'égarement, a été amené à s'approprier un… Lire la suite
DIDYMES

Écrit par :  Martine Hélène FOURMONT

… *La célébrité de Didymes est due au sanctuaire d'Apollon Didymaios, le Didyméion,, implanté en bordure des côtes égéennes, à 17 kilomètres environ au sud de Milet, dont il était dépendant. Il appartenait d'abord à la famille des Branchides, puis il devint le plus grand sanctuaire de la cité, sans doute après la prise de Milet par les Perses. Fouillé… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - La religion grecque

Écrit par :  André-Jean FESTUGIÈREPierre LÉVÊQUE

Dans le chapitre "Enrichissement du panthéon"  : …  de l'Égée. Ces apports peuvent paraître jouer dans le même sens que les précédents (un dieu mâle, *Apollon, se substitue aux déesses dans de nombreux sanctuaires) ; en fait ils véhiculent une religion anatolienne ou sémitique très proche de celle du IImillénaire. D'Orient proviennent deux nouveaux dieux, qui ne sont pas mentionnés… Lire la suite
HERMÈS

Écrit par :  Laurence KAHN

… *Divinité du panthéon grec, fruit des amours nocturnes de Zeus et de Maia, la plus jeune des Pléiades, Hermès naît dans un antre obscur du mont Cyllène. Les légendes les plus complètes que nous a laissées la tradition grecque concernent l'histoire de ses enfances (Hymne homérique à Hermès ; Bibliothèque d'Apollodore, III, xLire la suite
HOMÈRE

Écrit par :  Pierre CARLIERGabriel GERMAINMichel WORONOFF

Dans le chapitre "Pour qui ? Par qui ?"  : …  citoyens, qui reconnaissaient leurs propres épreuves, stylisées mais non pas faussement idéalisées. *Apollon et Athéna, deux divinités très honorées dans le monde grec, la patronnaient en quelque sorte. Est-ce sans rapport avec le fait qu'Athènes, cité de la déesse, fut au vie siècle la première ville à organiser une récitation… Lire la suite
LAOCOON, mythologie

Écrit par :  Robert DAVREU

… *Pendant masculin de Cassandre, Laocoon est ce prêtre troyen d'Apollon Thymbréen auquel Virgile attribue, par la bouche d'Énée (L'Énéide, II, 49), une de ces maximes qui font les délices du sceptique lecteur des lexiques spécialisés dans le genre. Laocoon est donc celui qui en aucune langue n'aurait pu dire ce que la langue latine, même… Lire la suite
LAURIER NOBLE

Écrit par :  Pierre LIEUTAGHI

… *Arbre d'Apollon, plante bénéfique vénérée par tous les anciens peuples méditerranéens, le laurier noble (Laurus nobilis L. ; lauracées) est aujourd'hui une épice des plus communes dont les pouvoirs thérapeutiques sont oubliés. L'arôme des feuilles est dû à une huile essentielle de composition très complexe : 45-50  p. 100 d'eucalyptol,… Lire la suite
MARSYAS

Écrit par :  Universalis

… *Satyre qui, d'après la tradition grecque, trouva la flûte qu'Athéna avait inventée, mais qu'elle avait jetée loin d'elle parce que ses joues étaient déformées quand elle en jouait. Lorsque Marsyas fut passé maître dans l'art de cet instrument, il défia Apollon et sa lyre. Le roi de Phrygie, Midas, qu'ils avaient choisi pour juge, déclara Marsyas… Lire la suite
MYTHOLOGIES - Le monde gréco-romain

Écrit par :  John SCHEIDGiulia SISSA UniversalisJean-Pierre VERNANT

Dans le chapitre "Les puissances majeures"  : …  cette vie et dans l'autre. À la génération suivante, les enfants de Zeus et de Léto : le garçon, *Apollon, prophète inspiré, musicien, purificateur des souillures, des crimes de sang, des fautes religieuses, dieu de la parole exacte et de la juste expiation, avec en mains l'arc et la lyre ; la fille, Artémis, vierge chasseresse, gracieuse et… Lire la suite
ORACLE

Écrit par :  Marie DELCOURT

Dans le chapitre "Delphes"  : …  une flamme pure), par la présence de Pan, des nymphes, des muses, de Dionysos sur le Parnasse. *Apollon doit y avoir supplanté des cultes de la Terre, de Thémis, de Poséidon, ainsi qu'un oracle par incubation. Brûlé en 548, le temple fut réédifié grâce à une collecte qui s'étendit jusqu'en Égypte et grâce à la munificence des Alcméonides, alors… Lire la suite
PASTORALE, genre littéraire

Écrit par :  Daniela DALLA VALLE CARMAGNANIJacqueline DUCHEMIN ETIEMBLECharlotte VAUDEVILLE

Dans le chapitre "Les origines"  : …  Pour la mythologie grecque classique *Apollon est le dieu de la lyre, Hermès celui des moutons d'Arcadie. Mais celui-ci, d'après l'Hymne à Hermès, est l'inventeur de la lyre, qu'il offrit à son frère pour prix de ses « vaches immortelles ». Apollon garda les troupeaux de Laomédon (Iliade, XXI, 448) et ceux d'Admète en jouant de la… Lire la suite
PÉAN

Écrit par :  Barbara CASSIN

… *Chant choral grec, généralement accompagné de lyre ou de flûte, caractérisé par le retour du cri Iô paian en refrain. Il est dédié par excellence à Apollon, le dieu guérisseur, dont péan est aussi l'épithète (cf. Péan, le nom du médecin d'entre les dieux, dans l'Iliade). Un péan demande la délivrance d'un mal : ainsi les Achéens… Lire la suite
PHIDIAS (~Ve s.)

Écrit par :  Bernard HOLTZMANN

Dans le chapitre "Un maître du « style sévère »"  : …  couramment appelé « style sévère ». Dans le même registre, peut-être faut-il reconnaître dans l'*Apollon de Cassel une excellente copie de l'Apollon Parnopios, offrande en bronze que Pausanias (I, xxiv, 8) dit être attribuée à Phidias et avoir été érigée par les Athéniens sur l'Acropole pour remercier le… Lire la suite
PYTHON, mythologie

Écrit par :  Universalis

… *Énorme serpent, fils de la Terre, qu'Apollon tua à Delphes, soit parce qu'il voulait l'empêcher de fonder son sanctuaire, ayant lui-même coutume de rendre des oracles, soit parce qu'il avait persécuté sa mère, Léto, pendant sa grossesse. Pour célébrer sa victoire sur le monstre, Apollon institua les jeux Pythiques, qui se tenaient à Delphes à l'… Lire la suite
SEPT SAGES LES

Écrit par :  Clémence RAMNOUX

… *Titre sous lequel Diogène Laërce honore Thalès de Milet, Bias de Priène, Solon d'Athènes, Chilon de Sparte, Périandre (tyran de Corinthe), Épiménide de Crète, Phérécyde de Syros, Pittacos de Mitylène, Cléobule de Lindos (à Rhodes), Myson (originaire d'une obscure bourgade continentale) et Anacharsis (fils d'un roi barbare et d'une Grecque). Si les… Lire la suite

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