Natif de Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône), Antoine Pinay, fils d'un fabricant de chapeaux, fait ses études au collège mariste de Saint-Chamond, petite ville de la Loire ; après la guerre, où il est blessé, il y dirigera la tannerie de son beau-père jusqu'en 1948. Il est successivement élu maire de Saint-Chamond (1929) — mandat qu'il conservera jusqu'en 1977, avec une interruption de 1944 à 1947 —, conseiller général (1934), député de la Loire (1936) et sénateur (1938-1940). Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, et appartient à son Conseil national en 1941. Après la guerre, membre de la deuxième Assemblée constituante (1946), il retrouve son siège de député de 1946 à 1958, préside le Centre national des indépendants et paysans (1953), puis, de 1956 à 1958, le groupe des indépendants et paysans d'action sociale de l'Assemblée nationale. Après avoir occupé plusieurs ministères (Affaires économiques, Travaux publics), il est président du Conseil et ministre des Finances du 6 mars au 23 décembre 1952 ; il lance alors, pour rétablir l'équilibre budgétaire — compromis par la chute des rentrées fiscales, elle-même causée par le freinage brutal de l'économie —, l'emprunt à garantie or dont les titres devaient être exempts d'impôt sur le revenu et de droits de mutations jusqu'en 1973 : la fameuse rente Pinay à 3,5 p. 100. Il instaure également le S.M.I.G. et l'échelle mobile des salaires. Démissionnaire, il revient en 1955 dans le cabinet Edgar Faure comme ministre des Affaires étrangères : son action contribue à la relance de l'Europe, après l'échec de la Communauté européenne de défense. De juin 1958 à janvier 1959, le général de Gaulle lui confie le portefeuille des Finances et des Affaires économiques, qu'il gardera ensuite dans le gouvernement Debré, jusqu'en janvier 1960. À ce titre, il fait adopter un ensemble de mesures d'assainissement financier préconisées par Jacques Rueff, dont la dévaluation du franc de 17,50 p. 100 et l'institution du franc lourd. Il démissionne à propos de l'Allia […]
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