Né à Paris, Jacques Rueff est ancien élève de l'École polytechnique. Après avoir publié à vingt-cinq ans son premier ouvrage, Des sciences physiques aux sciences morales, il est reçu en 1923 au concours de l'inspection des Finances. Chargé de mission dans le cabinet de Raymond Poincaré (1926), il est l'auteur d'un rapport sur le franc, dans lequel il préconisait les parités finalement retenues dans la loi du 25 juin 1928, qui consacrait le retour à la convertibilité or. De 1927 à 1930, il est membre de la section financière de la Société des Nations, où il s'occupe de mettre en place les plans d'assainissement monétaire de plusieurs pays européens. Après un séjour à l'ambassade de France à Londres en qualité d'attaché financier (1930-1933), il regagne en 1934 le ministère des Finances : sous-directeur à la direction du mouvement général des fonds, ancêtre de l'actuelle direction du Trésor, il en devient directeur au moment de l'arrivée au pouvoir du Front populaire. Parallèlement, il est nommé conseiller d'État en service extraordinaire et enseigne l'économie politique à l'École libre des sciences politiques (1930-1940).
Après la Conférence de Paris de 1944, il devient président de l'Agence interalliée des réparations, poste qu'il occupera jusqu'à sa nomination en 1952 à la Cour de justice de la C.E.C.A. Président du comité des experts chargé par Antoine Pinay d'étudier la situation financière de la France, il est à l'origine du plan de redressement de la fin 1958. L'ensemble des mesures préconisées furent acceptées par le général de Gaulle, alors président du Conseil : remise en ordre des finances publiques et suppression des indexations (exception faite du S.M.I.G.) à l'intérieur ; dévaluation du franc, libération des échanges et retour à la convertibilité externe du franc (devenu « lourd ») à l'extérieur. Juge à la Cour de justice des Communautés européennes (1958-1962), il est nommé en novembre 1959 par Michel Debré co-vice-président (avec Louis Armand) du Comité pour la suppre […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



