Venu du latin angelus, transcription de aggelos qui, en grec profane, désigne un messager, le mot « ange », dans la version des Septante, traduit l'hébreu maleak (« messager » [de Dieu]), terme qui s'applique surtout aux anges, mais aussi quelquefois aux prophètes (Is., xiv, 32) et aux prêtres (Mal., ii, 7). L'Ancien Testament appelle les anges « fils de Dieu » (Job, i, 6), « armée de Yahvé » (Jos., v, 14) ou « armée du ciel » (I Rois, xxii, 19), et « saints » (Dan., viii, 13). Trois d'entre eux y ont un nom : Gabriel, Michel et Raphaël. C'est surtout à la période intertestamentaire, dans la littérature dite apocalyptique, dans les textes de Qumrān et dans le Nouveau Testament que les anges ont pris une importance énorme, sous l'influence de facteurs soit internes, soit externes au judaïsme.
Jusqu'à l'apparition du christianisme, l'importance du monde des esprits et des êtres angéliques ne cessa de croître dans la pensée juive. L'explication de ce phénomène est complexe. Il tient d'abord à l'affirmation de plus en plus nette, dans le judaïsme postexilique, de la transcendance divine. Le monde angélique constituait dès lors l'ensemble des axes et des circuits de communication choisis entre Dieu et l'univers, entre Dieu et les hommes. Par ailleurs, durant la même période, le problème du mal et celui de la souffrance des justes, qui lui est connexe, prirent également un relief grandissant. Sous l'action d'influences étrangères croissantes, le monde des esprits se divisa alors en deux : d'une part, les anges mauvais ou déchus, rebellés contre l'autorité divine, démons constituant l'armée du « royaume de Satan » ; d'autre part, les anges bons et fidèles, formant l'armée du « royaume de Dieu ». Le monde présent est censé être entre les mains des premiers, fauteurs de tous les maux qui s'abattent sur l'homme et sur les autres créatures. Sa fin viendra ; le royaume de Satan sera défait et le royaume de Dieu s'instaurera dans la vie humaine et dans tout l'univers. Tel est, d'ailleurs, le thème central de tout […]
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