Mot français qui correspond à l'hébreu kerubim, pluriel de kerub, l'un et l'autre étant employés dans la Bible. On les rapproche des termes akkadiens karibu ou kuribu, qui désignaient la figuration, en Mésopotamie, de divinités de second rang (karibu signifie bénir et correspond à l'hébreu barak). On représentait les chérubins comme des êtres particuliers, souvent lions ou bœufs à tête humaine (dans le temple décrit par Ézéchiel, les chérubins ont deux faces, l'une d'homme et l'autre de lion ; (Ez., xli, 18) ; ils accompagnaient la divinité et avaient pour fonction de garder et de protéger les lieux sacrés : le paradis (Genèse, iii, 24), le sanctuaire (I Rois, vi, 23 sqq.), l'arche d'alliance (Exode, xxv, 18-22). Dans le Livre d'Ézéchiel, xxviii, 13-16, le roi de Tyr est comparé à l'un des chérubins du jardin d'Éden.
Mais, particulièrement dans le Livre d'Ézéchiel, les chérubins sont également liés, comme porteurs en quelque sorte, à la manifestation de la gloire divine de Yahvé sur son trône terrestre : ils ont là une fonction de médiateurs théophaniques.
L'apocalyptique juive a classé les chérubins avec les anges, desquels ils étaient pourtant distincts à l'origine : dans la hiérarchie angélique, ils occupent même le premier rang. La tradition chrétienne a entériné cette conception tardive.
André PAUL
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