« De tout temps, j'ai été une espèce de Janus à trois visages : la peinture (avec un P très majuscule), le graphisme (avec comme dieu Cassandre), puis la presse, les contemplant à tour de rôle selon l'opportunité, l'humeur, la nécessité [...]. Puis de plus en plus peintre, espérant que les trois profils [...] se superposent pour former un seul visage. » Ainsi se présentait André François en 1997, résumant un parcours commencé dans l'Empire austro-hongrois, où il naît André Farkas à Temesvar (actuellement Timisoara en Roumanie), le 9 novembre 1915. Étudiant les beaux-arts à Budapest, il y découvre les affiches de Cassandre, graphiste phare des années arts déco, et forme le rêve de venir à Paris, qu'il réalise en 1934.
Admis gratuitement dans l'école de son « dieu », le jeune homme y côtoie Raymond Savignac (1907-2002). Il collabore à La Tribune des nations (1953-1960), ainsi qu'à différents journaux humoristiques : Vendredi (1936), Marianne (1939), L'Os à moelle ou Le Rire (1939-1940). Son style emprunte la naïveté des dessins de ses aînés Peynet et Effel. En 1939, il prend la nationalité française et comme nom d'artiste André François. Avec l'Anglaise Margaret Edmunds, qui sera son épouse, il découvre la mer du Nord et l'imaginaire anglo-saxon. La guerre le contraint à se réfugier en Haute-Savoie ; mais, à partir de 1945, installé à Grisy-les-Plâtres, au nord-ouest de Paris, il reprend ses activités de graphiste pour la presse, l'édition et la publicité, en France, en Grande-Bretagne et bientôt aux États-Unis.
Sensible au gag visuel à la manière de Saul Steinberg, André François participe, avec Chaval et Mose, à Manigances (1953), album humoristique sans paroles publié par l'éditeur Robert Delpire. Ses dessins, parus d'abord dans les périodiques anglais Lilliput et Punch, sont réunis en recueils – The Tattooed Sailor, 1953 ; The Biting Eye, 1960 –, dont le succès l'introduit outre-Atlantique. Sa collaboration au magazine The New Yorker (cinquante-neuf couvertures de 1963 à 1991), dans une totale liberté de création, […]
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