6. Urbanisation et émergence des sociétés complexes
Le concept de « complexité » est particulièrement ambigu et difficile à définir de manière satisfaisante en sciences sociales et historiques. Ici, il renvoie à la dynamique des grands nombres, qui se manifeste par l'accélération des modes de différenciation sociale et la diversification croissante des attributs et formes de spécialisation. La concentration des populations en des points particuliers de l'espace habité peut rester modeste et demeurer au-dessous du seuil ne nécessitant aucun ajustement structurel. Cela a été le cas dans la majeure partie de la forêt équatoriale et à sa périphérie, l'Afrique australe, l'arrière-pays de l'Afrique orientale. Les populations vivaient regroupées en petits hameaux le long des cours d'eaux, qui leur fournissaient non seulement boisson et ressources, mais servaient aussi d'axes de circulation. Ailleurs, dans la vallée du Nil en Égypte et en Nubie, sur le haut plateau éthiopien, en Afrique occidentale, sur la côte de l'Afrique orientale et sur le plateau du Zambèze, des centres urbains, États, royaumes et empires se développent à des échelles et rythmes différents selon les circonstances.
• L'Afrique du Nord-Est
Égypte
Les fondements de l'État égyptien se trouvent dans la période Nagada II (au sud)-Maadi (au nord) au cours de la seconde moitié du IVe millénaire avant J.-C. Des centres urbains se développent le long de la vallée du Nil, à Hiérakonpolis, Naqada, Maadi et Buto, s'appuyant sur des flots constants d'échanges entre la Haute et la Basse-Égypte. L'émulation, la compétition et le renforcement différentiel des pouvoirs des « nomarques » (gouverneurs de province ou nomes) engendrent rivalités, alliances et contre-alliances. Ce processus culmine avec la formation de l'État « unifié » d'Égypte autour de 3050 avant J.-C. sous le règne de Narmer, le Roi-Scorpion.
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