2-25 mars 2022France. Meurtre du nationaliste corse Yvan Colonna en prison.

 

Le 2, le militant nationaliste corse Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat, en février 1998, du préfet Claude Érignac et détenu à la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône), est violemment agressé par un codétenu, qui accuse Yvan Colonna de « blasphème ». L’assaillant est un Franco-Camerounais réputé instable et violent, Franck Elong Abé, condamné en avril 2016 à neuf ans de prison pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse et ancien avocat d’Yvan Colonna, exprime « un profond sentiment de colère et d’injustice » et rend l’État responsable de n’avoir pas procédé au « rapprochement » d’Yvan Colonna, c’est-à-dire à son incarcération dans une prison corse, comme le demandaient ses défenseurs. L’administration pénitentiaire s’y opposait en raison du statut de « détenu particulièrement signalé » (DPS) d’Yvan Colonna.

Le 6, Franck Elong Abé est mis en examen pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste ».

Le 6 également, plusieurs milliers de personnes manifestent à Corte (Haute-Corse) « en soutien à Yvan Colonna et sa famille », à l’appel des mouvements nationalistes de l’île. Les étudiants et les lycéens sont particulièrement mobilisés. Des affrontements opposent certains manifestants aux forces de l’ordre.

Le 8, le Premier ministre Jean Castex annonce la levée du statut de DPS d’Yvan Colonna. Gilles Simeoni exige la levée du statut de DPS de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, les deux autres militants nationalistes condamnés en relation avec l’assassinat de Claude Érignac, ainsi que leur rapprochement.

Le 9, Ajaccio, Bastia et Calvi sont le théâtre de violents affrontements entre jeunes nationalistes et forces de l’ordre.

Le 11, Jean Castex lève le statut de DPS de Pierre Alessandri et d’Alain Ferrandi.

Le 13, plusieurs milliers de personnes manifestent à Bastia aux cris de « Statu francese assassinu ! » – « État français assassin ! » – à l’appel des mouvements nationalistes. Le rassemblement donne lieu de nouveau à de violentes échauffourées.

Le 16, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin se rend en Corse. Il reconnaît la responsabilité de l’État dans l’agression en prison d’Yvan Colonna et affirme que le gouvernement est « prêt à aller jusqu’à l’autonomie » de la Corse.

Le 18, Gérald Darmanin et Gilles Simeoni signent un document annonçant « l’ouverture d’un processus à vocation historique de discussion entre l’État et la Corse afin de construire une réponse politique globale à la question corse impliquant l’ensemble des élus et des forces vives ». Ces discussions doivent débuter en avril et se conclure « avant la fin de l’année ». Le document engage l’État à faire toute la vérité sur la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna en prison et valide le rapprochement de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Ceux-ci seront transférés le 11 avril à la prison de Borgo (Haute-Corse).

Le 21, Yvan Colonna meurt à l’hôpital Nord de Marseille sans être sorti du coma.

Le 25, plusieurs milliers de personnes assistent aux obsèques d’Yvan Colonna à Cargèse (Corse-du-Sud).

—  Universalis



Tous les événements concernant :

Tous les événements :

Pour citer l’article

«  2-25 mars 2022 - France. Meurtre du nationaliste corse Yvan Colonna en prison. », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : http://www.universalis.fr/evenement/2-25-mars-2022-meurtre-du-nationaliste-corse-yvan-colonna-en-prison/