1er-21 août 2000France. Nouveaux attentats en Corse

 

Le 1er, le président Chirac s'exprime pour la première fois sur le processus mené par le gouvernement concernant la Corse. Il déclare que « des réformes s'imposent » et que « l'organisation de l'île doit être adaptée pour permettre à ses habitants de mieux maîtriser les questions qui les concernent ». Il précise toutefois que ces réformes doivent « respecter les principes de notre République et son unité ».

Le 7, Jean-Michel Rossi, l'un des fondateurs du F.L.N.C., et son garde du corps sont assassinés à L'Île-Rousse (Haute-Corse) par un commando de quatre hommes agissant à visage découvert. Ancien dirigeant d'A Cuncolta naziunalista, Jean-Michel Rossi avait quitté ce mouvement, vitrine légale du F.L.N.C.-Canal historique, ainsi que François Santoni, en septembre 1998, après l'assassinat du préfet Claude Érignac, afin de dénoncer le « jusqu'au-boutisme » incarné par ce courant. En juin, les deux hommes avaient publié un livre extrêmement critique sur le nationalisme corse, Pour solde de tout compte. La classe politique corse, nationalistes compris, condamne fermement l'assassinat de Jean-Michel Rossi. Les partisans du processus mis en place par Matignon affirment que celui-ci n'est pas remis en cause.

Le 13, un attentat à la voiture piégée endommage les locaux de l'Agence de développement économique de la Corse (A.D.E.C.), à Ajaccio, établissement public dépendant de l'Assemblée de Corse. Le président de l'A.D.E.C. avait contribué au ralliement d'une partie du R.P.R. au compromis de Matignon sur l'avenir de l'île.

Le 17, Le Nouvel Observateur publie une tribune de Lionel Jospin sur la Corse dans laquelle celui-ci déclare notamment que la question de l'amnistie des nationalistes condamnés n'est « pas à l'ordre du jour » et que celle des assassins du préfet Érignac « ne sera jamais posée » ; le Premier ministre rappelle que le « rétablissement durable de la paix civile » dans l'île est l'une des conditions d'application de l'accord de juillet ; il précise enfin que la faculté d'adaptation des lois par l'Assemblée de Corse sous le contrôle a posteriori du Parlement, prévue par l'accord, pourrait être révoquée par ce dernier « s'il l'estimait mal utilisée ».

Le 17 également, un attentat au lance-roquettes est perpétré contre le domicile du sous-préfet de Sartène. Deux personnes seront mises en examen.

Le 19, François Santoni affirme, dans un entretien, que les assassins de Jean-Michel Rossi sont des « responsables nationalistes alliés à une certaine forme de grand banditisme ».

Le 21, la plupart des mouvements clandestins regroupés au sein de l'Union des combattants – à l'exception d'Armata Corsa, mouvement fondé en juin 1999, proche de Jean-Michel Rossi et de François Santoni – affirment que les attentats récents résultent d'un « activisme groupusculaire » et dénoncent les propos de François Santoni.

—  Universalis



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«  1er-21 août 2000 - France. Nouveaux attentats en Corse », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 octobre 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/1er-21-aout-2000-nouveaux-attentats-en-corse/