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12-29 avril 2007

Turquie. Tensions après la candidature d'un islamiste à la présidence de la République

Le 12, le chef d'état-major de l'armée, le général Yasar Büyükanit, exprime le souhait, lors d'une conférence de presse, que « le prochain président [soit] une personne attachée aux principes de la République ». L'élection du chef de l'État par le Parlement est prévue en mai. Cette déclaration passe pour une invitation voilée au Premier ministre islamiste Recep Tayyip Erdogan, chef du Parti de la justice et du développement (A.K.P.), majoritaire au Parlement, de renoncer à se présenter.

Le 14, à l'appel d'organisations proches du pouvoir, plus de trois cent mille partisans de l'opposition nationaliste ou de gauche manifestent à Ankara contre une éventuelle candidature à la présidence de Recep Tayyip Erdogan ou de l'un de ses proches.

Le 24, Recep Tayyip Erdogan présente la candidature du numéro deux de l'A.K.P., Abdullah Gül, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

Le 27, Abdullah Gül manque de peu d'être élu au premier tour de scrutin par les deux tiers des membres du Parlement. Le Parti républicain du peuple, la principale formation d'opposition, qui avait boycotté la séance, dépose un recours devant la Cour constitutionnelle, arguant d'un vice de procédure.

Le 27 également, l'armée publie un communiqué accusant l'A.K.P. d'encourager la violation des principes laïques qui fondent la République. Elle se dit déterminée à « montrer son attitude lorsque cela sera nécessaire ».

Le 28, le gouvernement déclare que l'armée « reste sous les ordres du Premier ministre » et que son opposition au pouvoir politique est « inconcevable dans une démocratie ».

Le 29, plus d'un demi-million de manifestants défilent à Istanbul pour protester contre la candidature d'un islamiste à la présidence de la République.

—  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS

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