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10-26 mai 2016

France. Adoption sans vote de la « loi travail » en première lecture.

Le 10, le Premier ministre Manuel Valls, confronté à l’opposition de la droite et d’une partie de sa majorité, engage la responsabilité de son gouvernement sur le vote en première lecture du projet de loi « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs », dite « loi travail », discuté depuis le 3 devant l’Assemblée nationale.

Le 11, la droite dépose une motion de censure. Les opposants de gauche échouent de peu à faire de même, rassemblant cinquante-six signatures – dont celles de vingt-quatre socialistes – sur les cinquante-huit nécessaires.

Le 12, la motion de censure, que les « frondeurs » socialistes ne votent pas, est rejetée, ne recueillant que 246 voix sur 577. La version du projet de loi ainsi adopté en première lecture ne contient plus la mesure visant à surtaxer les contrats à durée déterminée, promise en avril par le Premier ministre aux organisations de jeunes. La mesure la plus controversée de la loi porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes, c’est-à-dire la priorité que la loi accorde, dans son article 2, aux accords d’entreprise sur les accords de branche.

Le 12 également, une cinquième journée de manifestations, marquée par des violences, rassemble des dizaines de milliers de personnes à travers le pays à l’appel de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, de l’UNEF, de l’UNL et de la FIDL. Ces syndicats appellent à deux autres journées de grève et de manifestation les 17 et 19.

Le 18, les syndicats de policiers organisent un rassemblement dans la capitale et d’autres villes du pays contre la « haine anti-flics » qui s’exprime selon eux dans les cortèges des opposants à la « loi travail », et en faveur d’une plus grande fermeté à l’encontre des « casseurs » qui troublent les manifestations. Une voiture de police est incendiée en marge du rassemblement parisien.

À partir du 20, des grévistes appartenant majoritairement à la CGT bloquent des dépôts de carburant et des raffineries, forçant le gouvernement à faire appel aux forces de l’ordre pour débloquer les sites et à puiser dans les réserves stratégiques pour alimenter les stations-service. D’autres mouvements sociaux affectent les jours suivants les centrales nucléaires et les transports, les grévistes demandant le retrait de la « loi travail » en plus de présenter des revendications catégorielles.

Le 26, la huitième journée nationale de mobilisation contre la « loi travail » rassemble entre 153 000 et 300 000 manifestants dans le pays. Un manifestant est grièvement blessé à Paris par le tir d’une grenade de désencerclement.

— Universalis

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