ZENG GUOFAN [TSENG KOUO-FAN] (1811-1872)

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Issu d'une famille très modeste mais lettrée du Hunan, Zeng Guofan occupe la vice-présidence de différents ministères à Pékin. En 1852, il reçoit de l'empereur l'ordre d'organiser les milices locales que les notables commençaient à former pour se défendre contre l'insurrection des Taiping. Par des méthodes nouvelles (sélection, discipline et entraînement rigoureux, endoctrinement moral et politique, trésorerie indépendante), Zeng constitue l'armée du Hunan (Xiangjun), très supérieure aux troupes régulières, qui compte 60 000 hommes en 1858 (chiffre qui doublera par la suite) ; celle-ci permet, à partir de 1854, la difficile reconquête de la vallée du Yangzi et, en 1864, la prise de Nankin, qui marque la chute du royaume taiping. Gouverneur général des Liangjiang depuis 1860, Zeng rétablit l'ordre dans les provinces dévastées par les combats (installation de colons, souvent vétérans de son armée ; réparation des ouvrages hydrauliques ; reprises des examens officiels ; ouverture d'imprimeries) et développe un potentiel militaire moderne (arsenal à Shanghai, 1865). En 1865, investi du commandement suprême contre la rébellion des Nian au Shandong, au Zhili et au Henan, il définit la méthode de pacification : encercler les forces adverses et enlever aux insurgés leur soutien populaire. Grand Secrétaire en 1867, gouverneur général du Zhili (Hebei) en 1868, il négocie avec les puissances européennes le compromis qui règle l'affaire du massacre de Tianjin (1870). Comme lettré et moraliste remettant en honneur le néo-confucianisme Song dans son journal et dans ses nombreux écrits, comme stratège et homme d'État, il inspire une lignée d'émules jusqu'à Tchiang Kai-chek ; il s'entoure d'une équipe brillante qui lui vaut une part de ses succès. Mais quoiqu'il ait contribué à rétablir l'unité du pays sous l'autorité impériale et cherché à préserver la souveraineté nationale en limitant l'intervention étrangère, il est souvent accusé d'avoir aussi jeté les bases d'un pouvoir régional indépendant, conciliant envers les grandes puissances, et d'être ainsi le précurseur des « Seigneurs de la guerre » du xxe siècle.

—  Michel BRUGUIÈRE

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, ancien rapporteur général du Haut Comité de la langue française

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CHINE - Histoire jusqu'en 1949

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Pour citer l’article

Michel BRUGUIÈRE, « ZENG GUOFAN [TSENG KOUO-FAN] (1811-1872) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/zeng-guofan-tseng-kouo-fan/