ZAMINDAR

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

En Inde, à l'époque des empereurs moghols, dans les campagnes, l'impôt était perçu par le zamindar, qui allait, pour ce faire, de village en village. Sa charge, alors, n'était pas héréditaire, ce qui ne l'empêchait point de s'enrichir par la corruption. Zamindar vient de l'arabe (zamin : terre). C'était donc le fonctionnaire qui s'occupait de la terre, laquelle ne pouvait appartenir qu'à celui qui la cultivait ; mais dès la fin du xviie siècle, lorsque le pouvoir des empereurs décline, les zamindars étendent le leur sur les paysans. Ils rachètent leur charge, qui devient de ce fait héréditaire et, passant outre à la loi, acquièrent des terres. Aussi, lorsque à la fin du xviiie siècle les Britanniques prennent pied en Inde, ils se trouvent en face de seigneurs de la terre dont certains possèdent plusieurs centaines de kilomètres carrés sur lesquels vivent parfois des centaines de milliers de paysans. Devant cette situation de fait, sinon de droit, les colonisateurs consentent à les considérer comme propriétaires fonciers. Les zamindars continuent de percevoir l'impôt ; une situation de néo-féodalisme se perpétue jusqu'à l'indépendance. Cet état de choses était surtout répandu dans les provinces du nord et du centre de l'Inde, ainsi que dans l'État de Madras, là où le pouvoir des empereurs moghols avait pu s'établir solidement. Dans le Sud et dans le Deccan, c'était le système des ryot qui prévalait. Le paysan versait l'impôt à l'État, dont le ryot était le représentant. Celui-ci n'avait pas le droit de posséder la terre. Il pouvait seulement l'occuper pour la cultiver.

Avec l'indépendance, le système zamindari est aboli, mais les zamindars peuvent conserver les terres qu'ils cultivent eux-mêmes. Les cultivateurs travaillant pour les zamindars versent l'impôt directement à l'État ; ils peuvent devenir propriétaires de la terre en payant l'équivalent d'une rente de dix ans à l'État. Les simples propriétaires ne peuvent vendre leur terre. Les zamindars ont également perdu les droits qu'ils avaient sur les paysans, notamment le tr [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  ZAMINDAR  » est également traité dans :

CORNWALLIS CHARLES (1738-1805)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 582 mots

Général britannique, né le 31 décembre 1738 à Londres, mort le 5 octobre 1805 à Ghazipur, en Inde (dans l'actuel Uttar Pradesh). Vétéran de la guerre de Sept Ans (1756-1763), Cornwallis, qui désapprouve l'intransigeance de Londres à l'égard des colons nord-américains, doit toutefois combattre sur place la révolution que mènent ces derniers. Fin 1776, il déloge du New Jersey les insurgents men […] Lire la suite

ORISSA

  • Écrit par 
  • François DURAND-DASTÈS
  •  • 1 024 mots
  •  • 1 média

État de la république de l'Inde, situé au nord-est de la péninsule, et traversé d'ouest en est par la vallée de la Mahanadi, l'Orissa s'étend sur 155 707 kilomètres carrés, avec une population de 39 900 000 habitants (2008). Sa densité de 256 habitants au kilomètre carré, inférieure à celle de l'Inde (362 en 2008) s'explique par le peuplement assez faible des régions intérieures, qui contraste av […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Charles BLANC, « ZAMINDAR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/zamindar/