KLEIN WILLIAM (1928- )

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« Le geste de photographier est pour moi un moment de transe où l'on peut saisir plusieurs centaines de choses qui se passent en même temps et que l'on sent, que l'on voit, consciemment ou non. » Ces propos de William Klein décrivent assez bien le sentiment que l'on ressent devant ses photographies, qui nous montrent, le plus souvent, des scènes de rue, toutes en mouvement, foisonnantes et pourtant organisées, déformées et aléatoires autant que rigoureuses et concentrées : images de foules, puzzles de visages, flux de gestes multiples, pleins d'une violence et d'une angoisse à peine contenues, le tout dans des tirages à grains, très noirs, avec des flous de bougé durs et marqués.

Né à New York le 19 avril 1928, vivant à Paris depuis 1948, peintre (d'abord), puis photographe, cinéaste, graphiste, photographe à nouveau, cinéaste encore, toujours indépendant, guidé par les hasards et ses impulsions, voyageant sans cesse entre les médias et d'une ville à l'autre, dont il tire chaque fois un livre d'images fortes (tétralogie New York, 1956 ; Rome, 1958 ; Moscou, 1964 et Tokyo, 1964), Klein est sans conteste, et dans tous les sens du terme, un « photographe du bougé ». Jamais en place, toujours ailleurs, toujours plus loin, toujours plus vite.

On a souvent dit de Klein qu'il était inclassable, dérangeant, qu'il marchait à contre-courant, etc. C'est que son rapport à la photo est d'abord physique et total. Procédant par corps à corps avec le réel, Klein, dès les années 1950, a fait descendre la photo dans la rue. Il travaille par phases intensives, par décharge, opère par déclenchement ininterrompu, use du grand angle et du flash, s'immerge dans les choses, la foule, les visages et — c'est là le miracle — parvient à cadrer le chaos, à mettre le désordre dans l'image, avec une vitalité intense et un sens extrême de la fulgurance.

Pour lui, la photographie n'a jamais été une fin en soi, seulement un moyen comme un autre de vivre dans les mouvements du monde. Après des études de sociologie à Paris, après un passage par des ateliers de peintres (il travaille avec Fernand Léger [...]

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Écrit par :

  • : enseignant-chercheur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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PHOTOGRAPHIE (art) - Un art multiple

  • Écrit par 
  • Hervé LE GOFF, 
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Dans le chapitre « Le documentaire »  : […] La grande période du reportage, commencée avant la guerre (généralisation de l'appareil 24 × 36 mm, fondation de Life en 1936), se poursuit au lendemain du conflit (fondation de l'agence Magnum en 1947) avant que la télévision ne vienne gêner ses débouchés (disparition de Life en 1972). Le symbole et le héros en est Eugène Smith , dont les images puis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/photographie-art-un-art-multiple/#i_94955

Pour citer l’article

Philippe DUBOIS, « KLEIN WILLIAM (1928- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/william-klein/