EISNER WILL (1917-2005)

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Bien que peu connu du grand public européen, l'Américain William (dit Will) Eisner a joué à plusieurs reprises un rôle essentiel dans l'évolution de la bande dessinée. Né le 6 mars 1917 à Brooklyn, il étudie à l'Art Students' League, puis, en 1936, publie ses premiers strips et, pour échapper aux contraintes qui pèsent sur la profession, fonde avec Jerry Iger un studio et sa propre agence de placement.

Le 2 juin 1940 sont publiées, dans un fascicule qu'il a conçu pour être le supplément dominical de plusieurs journaux, les sept premières pages de sa série The Spirit. Six cent quarante-cinq épisodes paraîtront, le dernier le 24 août 1952. Le protagoniste de la saga est Denny Colt, détective et criminologue qui se fait passer pour mort, et dont le quartier général est le caveau d'un cimetière. Le visage masqué, il consacre sa vie à la poursuite de dangereux criminels, et croise la route de femmes souvent aussi inquiétantes que belles. Il a pour assistant un jeune Noir, Ebony White, dont les paroles sont écrites de façon phonétique. La série, inspirée à l'origine par la vogue des « super-héros », atteint sa plénitude à partir de 1946, où elle s'inscrit dans le courant du « roman noir » et de ses adaptations cinématographiques : même jeu pictural sur le noir, le gris (alors peu utilisé par les dessinateurs) et le blanc, sur le clair-obscur, même cadre urbain, Eisner montrant un New York à la fois violent, mystérieux et poétique. L'humour est cependant toujours présent, et donne parfois aux intrigues un aspect parodique.

The Spirit, W. Eisner

The Spirit, W. Eisner

photographie

Will Eisner, The Spirit : Deadline, 31 décembre 1950. Dans cette histoire mettant en scène son héros récurrent, le dessinateur insère son autoportrait. La page sera reprise dans l'ouvrage La Bande dessinée, un art séquentiel (1985, trad. franç., 1997), pour évoquer « le cadre et... 

Crédits : W. Eisner/ éditions Vertige Graphic

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Après une longue éclipse, durant laquelle il fonde et dirige la société American Visuals, chargée de créer des bandes dessinées éducatives pour des organismes ou des entreprises, Eisner revient au premier plan dans les années 1970, fêté par ses pairs qui lui décernent de nombreux prix, comme le Yellow Kid à Lucques, en Toscane, en 1974 et le grand prix à Angoulême en 1975. Il commence alors, à plus de soixante ans, une seconde carrière d'auteur, totalement inattendue, caractérisée par des œuvres réalistes et [...]

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Pour citer l’article

Dominique PETITFAUX, « EISNER WILL - (1917-2005) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/will-eisner/