VÉNUS, religion romaine

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Personnification d'un substantif neutre signifiant à peu près « le charme » au sens le plus fort du mot, tout ce qui est de nature à engendrer un attrait dont la raison ne rend pas compte. Pour prendre une idée de l'étendue des connotations de ce terme, il faut se rappeler que la même racine a fourni des noms aussi différents que venia, « la bienveillance toute gratuite », et venenum, « le poison », « le philtre magique ». De cette racine dérivent en latin toute une série de noms et d'adjectifs qui tournent tous autour des notions d'une grâce ou d'un charme doués du pouvoir de subjuguer.

Comme divinité, Vénus est avant tout à Rome celle qui garantit aux hommes cette grâce, cette bienveillance, cette venia des dieux, qui constitue un des objets fondamentaux de la vie religieuse. Il convient à ce propos d'apporter un correctif à la vision traditionnelle de la religion romaine. Certes, à Rome un acte religieux vise toujours à conclure avec les dieux un contrat engageant réciproquement les deux parties ; mais les Romains n'en savaient pas moins que rien ne pouvait contraindre les dieux à se plier au jeu de ces conventions bilatérales, qu'en leur qualité d'hommes, ils n'avaient aucun droit à faire valoir et qu'ils ne pouvaient compter que sur la générosité entièrement gratuite de leurs partenaires divins, sur leur venia. C'est pourquoi un des impératifs de la vie religieuse était de « vénérer » les dieux, c'est-à-dire d'exercer sur eux le charme capable de provoquer leur réponse gracieuse. La présence de Vénus introduit une nuance de gratuité et d'attrait magique qu'on croit trop souvent absente de la religion romaine.

Cette théologie toute romaine fut tôt contaminée par l'Aphrodite grecque, en particulier par l'Aphrodite que vénéraient les Siciliens au sommet du mont Eryx. Au cours de la première guerre punique, les Romains avaient réussi à s'emparer de ce haut lieu, position stratégique de premier ordre, et Hamilcar Barca lui-même ne parvint jamais à les en déloger. Rome acquit ainsi la conviction que la déesse tutélaire de ce [...]


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ROME ET EMPIRE ROMAIN - La religion romaine

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  • Pierre GRIMAL
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Dans le chapitre « Les divinités »  : […] Tous ces rites avaient pour objet d'agir sur la volonté divine, le numen des dieux ; cette action était obtenue par la valeur contraignante du geste, par le sacrifice et par la prière. Pour chaque acte rituel, tous les détails sont minutieusement réglés : costume du prêtre (tête couverte ou découverte, drapé de la toge, etc.), paroles à prononcer, nature exacte de la victim […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rome-et-empire-romain-la-religion-romaine/#i_44723

Pour citer l’article

Jean-Paul BRISSON, « VÉNUS, religion romaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/venus-religion-romaine/