VALEUR, peinture

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Terme apparu en 1792 à une époque où règne l'académisme davidien le plus strict, la valeur n'a cessé, depuis lors, d'être opposée en peinture à la couleur ou d'être associée à celle-ci pour exprimer des rapports aussi ambigus que mal définis. C'est par rapport aux tons que peut se déterminer la notion de valeur : les tons sont en effet plus ou moins chargés de violence expressive, agressive parfois, soit par leur propre qualité tonale (claire ou foncée), soit par la densité de la pâte, et établissent entre eux des nuances qui permettent de lire le tableau, suivant ses propres rapports visuels, indépendamment du sujet exprimé. Les romantiques, déjà, en avaient reconnu la nécessité, Delacroix notamment, et Fromentin soulignait « des écarts de valeurs plutôt que des contrastes de tons ».

La gravure, privée de la couleur, ne retenant du tableau reproduit que les variations de tons, cherche à exprimer en noir et blanc les valeurs, nécessaires à cette transcription. Mais cette méthode, purement empirique et intuitive, se vit confirmée par la photographie en noir et blanc opérant d'elle-même ce phénomène visuel. La peinture moderne abolissant l'anecdote, voire le sujet même du tableau, fait du jeu des valeurs la motivation et le but recherchés : les couleurs y sont plus ou moins violemment contrastées.

—  Guy BELOUET

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Guy BELOUET, « VALEUR, peinture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/valeur-peinture/