TURBELLARIÉS

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Parmi ceux des Métazoaires Triploblastiques que l'on qualifie vulgairement de Vers se place le grand embranchement des Plathelminthes ou Platodes caractérisé par l'absence d'anus, par l'absence de cavités définies entre l'ectoderme et l'endoderme et par l'hermaphroditisme. Il comprend lui-même un groupe primitif, les Turbellariés, animaux libres et mobiles, carnassiers, dont le tégument, lubrifié par du mucus, est revêtu de cils vibratiles déterminant des tourbillons (turbellae en latin). Par comparaison avec les groupes parasites (Trématodes, Cestodes), les Turbellariés sont trop variés pour qu'un type en donne l'idée, et il est nécessaire de passer d'abord en revue leurs caractères essentiels.

Ver planaire

Photographie : Ver planaire

Le Prostheceraeus est un ver planaire marin hermaphrodite qui appartient au sous-embranchement des Turbellaria et à l'embranchement des Plathelminthes. Mesurant de quelques millimètres à 5 centimètres, le Prostheceraeus vit sur les fonds rocheux. Il se déplace en ondulant son corps en forme... 

Crédits : J. Six

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Turbellarié : organisation

Dessin : Turbellarié : organisation

Vue d'ensemble de l'organisation d'un Turbellarié (Dendrocœlum, ordre des Triclades) 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Anatomie

La taille et la forme des Turbellariés sont très variables ; mais, quand la première est grande, la seconde ne peut être massive en l'absence de cavités circulatoires. En effet, les types submicroscopiques sont seuls plus ou moins fusiformes, ceux qui atteignent le centimètre, voire le décimètre, sont aplatis et foliacés, déformables lorsqu'ils nagent ou rampent ; d'autres s'étirent en cylindres plus ou moins déprimés sur une face, deviennent même presque filiformes. Sous l'épiderme cilié, on trouve toujours deux couches musculaires, généralement lisses ; des fibres traversent aussi le parenchyme. La présence dans l'épiderme de petits bâtonnets, appelés rhabdites, est très fréquente.

L'orientation est donnée par la bouche qui est ventrale mais peut se trouver en tout point de la ligne médiane du corps, éventuellement à l'une des extrémités, supérieure ou inférieure (l'animal étant décrit en l'orientant verticalement). La bouche est suivie d'un pharynx préhensile ou suceur, morphologiquement très variable, rudimentaire chez quelques formes inférieures, en général musculaire et glandulaire. Il peut s'aplatir en diaphragme, se plisser en collerette, s'allonger en manchon dirigé vers le haut ou le bas suivant la position de la bouche, ou demeurer massif. Il est suivi de l'intestin, simple dans les petites espèces, ramifié dans les autres et répartissant mieux ainsi la nourriture. Le tube digestif est tapissé de cellules glandulaires et absorbantes ; les déchets et excréments sont finalement rejetés par la bouche. L'excrétion est aussi assurée en principe par des néphridies typiques, ampoules à flamme vibratile reliées par un réseau de canaux qui débouchent à la surface en des points extrêmement variables en nombre et en position suivant les groupes. D'ailleurs on ne réussit pas à déceler cet appareil chez beaucoup de formes, parfois de grande taille, surtout dans les marines.

Le système nerveux est plus ou moins différencié : il forme toujours un plexus général sous l'épiderme dont il dérive, mais chez les formes inférieures il se concentre souvent dans l'extrémité supérieure où apparaissent des organes sensitifs. Ordinairement, il s'y forme un cerveau sous-cutané, et dans le réseau général se dessinent des troncs longitudinaux, fréquemment six ou huit, avec des anastomoses transversales parfois très régulières ; la prédominance des troncs nerveux ventraux, encadrant la bouche, aboutit à la double chaîne médiane des groupes supérieurs.

Les organes des sens, très rudimentaires, sont des soies sensorielles, parfois sur des lobes tentaculaires, des statocystes, qui caractérisent curieusement certaines formes pourtant inférieures, et des yeux. Réduits à une cupule pigmentaire où pénètrent les bâtonnets des cellules rétiniennes et ne pouvant indiquer que la direction de la lumière, les yeux sont parfois très nombreux chez de grandes formes où ils parsèment l'extrémité céphalique et bordent tout le corps ; chez les petites, ils se réduisent à un ou deux sur le cerveau.

L'appareil génital est hermaphrodite, avec parfois décalage du temps de maturité des deux parties. En vue de la fécondation interne, il présente souvent des complications considérables dont on ne comprend pas encore la raison d'être. Chose curieuse, ces variations ne sont pas coordonnées et peuvent apparaître similaires dans chacun des groupes principaux, de sorte qu'elles ne les caractérisent pas, mais indiquent des genres dans chacun de ceux-ci.

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Ver planaire

Ver planaire
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Turbellarié : organisation

Turbellarié : organisation
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Appareils copulateurs mâles

Appareils copulateurs mâles
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Appareil femelle complexe

Appareil femelle complexe
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Écrit par :

  • : professeur honoraire à la faculté des sciences de Strasbourg, correspondant de l'Institut

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«  TURBELLARIÉS  » est également traité dans :

PLATHELMINTHES

  • Écrit par 
  • Andrée TÉTRY
  •  • 398 mots
  •  • 1 média

Terme introduit par A. Schneider en 1873 et qui désigne un embranchement d'une unité incontestable comprenant des métazoaires triploblastiques, c'est-à-dire possédant un troisième feuillet individualisé se situant entre l'ectoderme et l'endoderme. Bien que dépourvus de cœlome, ils sont proches des mollusques et des annélides. Les plathelminthes groupent des animaux à symétrie bilatérale bien nette […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Paul de BEAUCHAMP, « TURBELLARIÉS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/turbellaries/