THÉODOSE Ier LE GRAND (346-395) empereur romain (379-395)

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Seul empereur romain qui ait mérité le surnom de Grand : grand peut-être parce qu'il fut le dernier empereur qui réunit sous son sceptre l'Orient et l'Occident ; grand aussi parce qu'il fut le dernier empereur à résister victorieusement et diplomatiquement aux invasions barbares, grand enfin par rapport aux souverains qui lui succèdent encore pendant moins d'un siècle et dont les noms sont associés à la défaite, à la chute de Rome et à la ruine d'une civilisation millénaire. Avant de devenir empereur d'Orient en 379, tandis que Gratien régnait sur l'Occident, Théodose fait carrière dans l'armée et paie de sa personne face aux Barbares et comme gouverneur de Mésie. Dès la première année de son règne, il repousse les Goths et les refoule au-delà des frontières d'Illyrie. En 380, il se convertit au christianisme qui devient, par l'édit de Thessalonique, religion officielle de l'Empire romain. Événement d'une importance capitale et lourd de conséquences : les persécutions dont sont victimes les païens, et même les sectes hérétiques du christianisme comme le manichéisme et l'arianisme, la destruction des temples et des idoles, des statues et des divinités font basculer le monde vers une nouvelle époque qui annonce le Moyen Âge. Les concessions accordées aux peuples barbares par Théodose qui les introduit dans l'Empire et dans l'armée accélèrent le processus de désagrégation de l'État romain. Si, en 394, Théodose règne à la fois sur l'Orient et sur l'Occident après avoir intrigué et éliminé ses rivaux, à sa mort, en revanche, son empire est partagé entre ses deux fils Arcadius et Honorius ; l'unité romaine est détruite et la division du monde consacrée. Théodose le Grand est le précurseur des souverains du Moyen Âge : il prend part aux querelles théologiques et surtout il entre en conflit avec l'évêque Ambroise de Milan, après avoir fait exterminer, dans le grand cirque de Thessalonique, sept mille personnes qui s'étaient révoltées. L'évêque le somme de se repentir et lui interdit l'entrée de sa cathédrale par ces mots : « Tu as imité David dans son crime, imite-le dans sa pénitence. » Théodose doit se soumettre. Cette première lutte entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel préfigure les grandes discordes entre les empereurs ou les rois et la papauté. Néanmoins, un historien du xixe siècle, Jules Sylvain Zeller, a pu écrire sur Théodose ; « À retarder de quelques années la chute d'une grande chose, il y a encore de la grandeur. »

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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—  Joël SCHMIDT

Écrit par :

  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

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Pour citer l’article

Joël SCHMIDT, « THÉODOSE Ier LE GRAND (346-395) - empereur romain (379-395) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/theodose-ier-le-grand/