RASMUSSEN STEEN EILER (1898-1990)

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Né en 1898 d'un père officier et géodésiste, l'architecte danois Steen Eiler Rasmussen aurait, dès l'enfance, été obsédé par les problèmes d'échelle et de dimension, les jeux de construction et l'idée de devenir architecte.

À l'âge de vingt et un ans, associé à un camarade, il remportait trois concours d'urbanisme, dont celui de la ville nouvelle de Hirtshals. Trois ans plus tard il devenait membre du conseil de l'Académie royale danoise des beaux-arts et entreprenait, en Italie puis en Chine, les premiers des longs voyages qui allaient le mener à la découverte des villes du monde. À son retour, il ouvrit à l'académie une chaire d'urbanisme, discipline qu'il a enseignée jusqu'en 1968.

Rasmussen se consacra notamment à l'étude du logement unifamilial, dont les qualités devaient définitivement le convaincre lors d'un séjour à Londres en 1927. Cette préoccupation déboucha en 1934 sur la publication d'un ouvrage longtemps connu par le titre de l'édition anglaise de 1937 : London, the Unique City. En des termes simples, concrets, il y décrivait les mérites de cette ville dispersée, fruit d'une croissance naturelle, ville du libre commerce, idéale à son avis, parce que développée sans le corset des remparts ou octrois. En cela elle s'opposait aux villes continentales, notamment à Paris, la capitale de l'absolutisme. Y retrouvant les traits du caractère national, « authentique et solide », parfaitement libre derrière la façade du code social, il jugeait la métropole anglaise propre à la vie familiale, saine, sportive, hygiénique, toute d'harmonie et de régularité.

En tant qu'architecte, Rasmussen s'exprima dans des registres successivement classicisant, fonctionnaliste et moderniste ; il a privilégié les valeurs humanistes, commodité, intimité, discrétion, et déclarait souhaiter que ses bâtiments ne parussent pas avoir été dessinés ; pour lui l'architecture doit se développer autour des gens afin qu'ils y vivent, elle n'est pas faite pour être vue de l'extérieur.

Professeur après 1938, il restera connu surtout comme écrivain et comme l'auteur d'un célèbre schéma, le plan « en cinq doigts » pour l'extension de Copenhague (1948). Membre du bureau d'urbanisme de la capitale danoise de 1932 à 1938, il sera de ceux qui, après la guerre, ont proposé son développement selon cinq axes desservis par des réseaux ferrés, canalisant l'urbanisation et ménageant entre eux de longues zones vertes, modèle original, différant radicalement de celui de la ceinture verte londonienne et de son collier de villes nouvelles.

Son livre Villes et architecture (1949), redécouvert avec la vogue de l'architecture « urbaine » au début des années 1980, se voulait d'une grande clarté pédagogique. Tout y concourait : la typographie, les dessins au trait, de sa main, et surtout les éclatés, inspirés des maisons de poupée, figuration qu'il affirmait « mathématiquement exacte dans sa sobriété » et plaisant « même aux enfants » qui « aiment voir ce qu'il y a dedans ». L'ouvrage revenait sur la volonté de Rasmussen de considérer les villes comme des entités cohérentes exprimant « certains idéaux » son souci de tenir les monuments d'abord pour des espaces où vivre et à l'intérieur desquels se déplacer, des lieux en prolongement de l'espace urbain.

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François CHASLIN, « RASMUSSEN STEEN EILER - (1898-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/steen-eiler-rasmussen/