Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

SMS (Short Message Service) ou TEXTO

Les relations entre SMS et orthographe traditionnelle

Cette pratique d’une langue écrite « différente » est souvent soupçonnée par les parents, les enseignants ou les médias d’être la cause des difficultés en orthographe des élèves et/ou de l’apprentissage de la langue française.

Les résultats scientifiques les plus récents ne confirment pas cette position « négative » et conduisent à définir les SMS comme un nouveau registre de la langue écrite. Un registre langagier est caractérisé par l’ensemble des marques langagières structurales (phonologiques, syntaxiques et sémantiques) appropriées dans une situation sociale donnée. L’idée de l’existence de différents registres de la langue écrite est nouvelle dans la mesure où, jusqu’à une période très récente, elle était essentiellement utilisée dans des situations formelles et institutionnelles avec des formes normalisées par l’Académie française. Ce qui doit être appris par l’enfant et l’adolescent, ce ne sont pas les normes d’une langue écrite unique, mais les variations des formes de la langue écrite en fonction des situations de communication.

Un ensemble de recherches (en langue anglaise, finlandaise et française) a été mis en œuvre pour répondre à la question : « Les SMS menacent-ils l’apprentissage de l’orthographe ? » Pour des scripteurs de neuf à treize ans, aucune étude ne met en évidence une influence négative de la pratique des SMS sur l’apprentissage de l’orthographe traditionnelle. Les résultats obtenus montrent soit une absence de corrélation entre la densité de textismes et le niveau en orthographe traditionnelle, soit une corrélation positive indiquant qu’une forte densité de textismes est liée à un bon niveau en orthographe, et inversement. On peut ajouter que le niveau en grammaire traditionnelle n’est pas lié aux « fautes » de grammaire observées dans les SMS. De plus, l’écrit SMS, comme l’écrit traditionnel, a un coût cognitif, ce qui soutient l’idée que l’écrit SMS n’est pas une forme de dégénérescence de l’écrit conventionnel.

Contrairement aux craintes souvent exprimées, ce sont les bons élèves en orthographe qui produisent beaucoup de textismes, et inversement les mauvais élèves en produisent peu. L’écrit traditionnel et l’écrit SMS dépendent des mêmes capacités cognitives symboliques. Les SMS ne sont pas une menace pour le niveau en orthographe à l’école, mais une occasion nouvelle et supplémentaire de pratiquer l’écrit. Dans les SMS, si environ la moitié des mots contient des textismes, l’autre moitié est écrite selon les règles traditionnelles. Les formes orthographiques utilisées dans les SMS ne sont pas nouvelles du point de vue de l’histoire des langues : par exemple, le principe des rébus, comme « 2min » en SMS, existe dans la langue égyptienne ancienne (hiéroglyphes) et le principe des abréviations, comme « cc » en SMS, existe aussi dans les inscriptions latines sur les monuments de l’Empire romain.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeure des Universités à l'université de Poitiers

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • TÉLÉCOMMUNICATIONS - La communication sans fil

    • Écrit par Alexandre COTARMANAC'H ECHEVARRIA, René WALLSTEIN
    • 6 699 mots
    • 5 médias
    ...d’utilisation, taux de couverture des réseaux important, mobilité durant les communications) allaient vite déborder du seul domaine de la téléphonie grâce aux SMS (Short Message Service), ces messages courts – ou « textos » – qui, à partir de la fin des années 1990, ont fini par constituer, à côté du téléphone,...

Voir aussi