COLLOT SERGE (1923-2015)

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Le Français Serge Collot est le digne continuateur de ces grands altistes – Lionel Tertis, Maurice Vieux, Paul Hindemith, William Primrose – qui ont tant fait pour la redécouverte de leur instrument et l'extension de son répertoire. Son engagement passionné pour la musique de son temps a peu d'équivalents et ne s'est jamais démenti. Il reste, par la sûreté de son goût et le courage de ses choix, une référence incontestée.

Serge Collot naît à Paris le 27 décembre 1923. Au Conservatoire de Paris, il étudie l'alto – dans la classe de Maurice Vieux – et la musique de chambre – dans celle de Joseph Calvet –, disciplines où il obtient un premier prix en 1944 et en 1948, respectivement. Il travaille aussi la composition avec Arthur Honegger. Il appartient à l'illustre Quatuor Parrenin dès la formation de ce dernier, en 1944. Il en restera membre jusqu'en 1957, ce qui lui permettra de participer à la création du Deuxième Quatuor à cordes de Hans Werner Henze (1952) ainsi qu'à celle du Premier Quatuor à cordes de Roberto Gerhard (1955). Le Quatuor de l'O.R.T.F. le retient de 1957 à 1960. En 1960, il fonde avec le violoniste Gérard Jarry et le violoncelliste Michel Tournus le Trio à cordes français, dissous en 1994. Il participe brièvement au Quatuor Bernède (1990-1991). Cette intense activité de chambriste ne l'empêche pas de participer pleinement à la vie des orchestres français. Il est en effet alto solo à l'Orchestre de l'Opéra de Paris (1952-1986), occupant ainsi la place qu'avait tenue Maurice Vieux de 1908 à 1949. Serge Collot a également été professeur au Conservatoire de Paris de 1969 à 1989.

Mais c'est dans les rangs d'une formation dédiée à la défense des musiques de son temps, le Domaine musical, fondé par Pierre Boulez en 1954, que cet éblouissant soliste démontrera l'étendue de sa virtuosité, la finesse de sa sensibilité et la force de son tempérament : de 1954 à 1970, il sera de tous ses combats. Longue est la liste des créations où son archet a été sollicité : Textes de Carlos Roqué Alsina (1967), La cantata Hurbinek de Girolamo Arrigo (1970), The Rara Requiem de Sylvano Bussotti (1970), Étude III (1962) et Polychronies (1964) de Jean-Claude Éloy, le Trio pour violon, alto et violoncelle de Jean-Pierre Guézec (1968, avec le Trio à cordes français), le Trio pour hautbois, alto et harpe de Heinz Holliger (1967, avec Heinz et Ursula Holliger), J.D.E. (1966), D'un opéra de voyage (1967) et Points d'aube (1968) de Betsy Jolas, Cinq églogues d'André Jolivet (1967), Jelek de György Kurtág (1965), Paraboles de Paul Méfano (1965), Sept haïkaï d'Olivier Messiaen (1962), Ikhoor de Iannis Xenakis (1978, avec le Trio à cordes français). Luciano Berio a dédié à Serge Collot la Sequenza VI, pour alto solo (toutefois créée par Walter Trampler, en 1967).

Serge Collot meurt le 11 août 2015 à Gerzat (Puy-de-Dôme).

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Pierre BRETON, « COLLOT SERGE - (1923-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/serge-collot/