SARAJEVO

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Sarajevo est à la fois la capitale de l'État de Bosnie-Herzégovine et la capitale d'une des deux entités du pays, la « Fédération de Bosnie-Herzégovine ». Le développement du site est étroitement lié à la longue domination ottomane (xve-xixe s.). C'est en effet dans un souci de contrôle de son territoire nouvellement conquis que l'Empire ottoman développa, à partir de 1428, Vrhbosna (ou Bosnávar). Cette petite bourgade, qui existait vraisemblablement depuis 1270, offrait l'avantage d'être stratégiquement située sur la route reliant l'intérieur du pays au littoral adriatique, via la vallée du fleuve Neretva (de direction nord-sud). Située entre 530 et 750 mètres d'altitude, dans une dépression où coule la rivière Miljacka, la ville est cernée de hautes montagnes : le mont Ozren au nord (1 533 m.), le mont Igman au sud (1 541 m.) et le mont Trebevic, au sud-est (1 629 m.). Dès 1462, la construction d'un palais pour le beylerbey (le « seigneur des seigneurs ») donna à la ville son nom de Sarajevo, le « palais dans la plaine » (saraj-ovasi). À l'époque, la ville ne comptait que 1 000 habitants.

Bosnie-Herzégovine : carte administrative

Carte : Bosnie-Herzégovine : carte administrative

Carte administrative de la Bosnie-Herzégovine. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les étapes de développement de la ville se lisent d'est en ouest dans l'architecture et l'urbanisme. D'abord la ville ottomane, avec, sur les flancs des gorges de la Miljacka, les quartiers (mahale), d'où l'on descend par des ruelles étroites, parfois en escaliers, sur le quartier des artisans où s'alignent les échoppes en bois. Là se dressent aussi les édifices publics de l'époque : fontaines, marché couvert, mosquées et caravansérails.

Le premier plan d'urbanisme date de la période suivante, alors que le pays était passé sous l'autorité de l'Autriche (1878-1914). En 1891, un remaniement complet du plan a fondé la morphologie actuelle de la ville, avec l'adoption d'un plan longitudinal est-ouest, suivant le lit de la Miljacka. La ville fut alors développée sur la plaine à l'embouchure de la vallée, autour d'un système viaire orthogonal, tandis que les quartiers des versants étaient abandonnés. De larges avenues ont alors été bordées d'immeubles à deux étages. La cathédrale catholique (1889), la grande poste (1909), le bâtiment actuel de la présidence de Bosnie (alors résidence du gouvernement et de son administration) et le théâtre national sont autant de bâtiments encore en service dans l'actuel centre de la capitale. La Sarajevo autrichienne fit son entrée dans l'histoire mondiale comme le lieu de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand (28 juin 1914), acte qui détermina la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie et l'enchaînement de la Première Guerre mondiale.

C'est au xxe siècle, et notamment dans la seconde moitié, que la ville a connu sa plus forte croissance, passant de 100 000 habitants environ (1948) à 526 000 (1991). La ville s'étend loin vers l'ouest, selon une architecture de style socialiste, avec des quartiers d'habitation composés de tours, desservis par une large route doublée de voies de tramway.

En 2005, le canton de Sarajevo, composé de neuf municipalités, comptait 410 031 habitants. La ville proprement dite s'étend sur quatre de ces municipalités : Stari Grad (« vieille ville »), à l'est, qui englobe la partie ottomane, Centar (« le centre »), qui correspond à la ville d'époque austro-hongroise, Novo Sarajevo (« Nouveau Sarajevo ») et Novi Grad (« nouvelle ville »), extensions du xxe siècle. Ces quatre municipalités sont les plus densément peuplées, avec plus de 1 000 habitants au kilomètre carré. Les ministères et le gouvernement sont regroupés dans la partie austro-hongroise, mais également les représentations étrangères et les bureaux des très nombreuses organisations internationales et O.N.G. présentes depuis la guerre de 1992-1995. La ville a été assiégée pendant trois ans : coupés de tout contact avec l'extérieur, sans possibilité de fuir, les Sarajéviens ont survécu sans eau, gaz, ni électricité, sans nourriture autre que celle, très insuffisante, fournie par le pont aérien international, menacés par les bombardements depuis les hauteurs et les snipers du haut des immeubles. Dix ans après, les bâtiments ont été reconstruits, les arbres replantés et les traces de la guerre s'effacent du paysage.

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Pour citer l’article

Emmanuelle CHAVENEAU, « SARAJEVO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sarajevo/