SAINT-BRIEUC

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Située dans le nord des Côtes-d'Armor dont elle est le chef-lieu, Saint-Brieuc est une agglomération de 94 620 habitants, avec 47 450 habitants dans la commune même (2013).

Bretagne : carte administrative

Carte : Bretagne : carte administrative

Carte administrative de la région Bretagne. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Fondée à la confluence du Gouët et de son petit affluent le Gouëdic par le moine gallois Brieuc (ou Brieg), au ve siècle, la ville n'a pendant longtemps qu'une dimension locale ou régionale. Si elle est ravagée par les guerres de la Ligue au xvie siècle, elle garde jusqu'au xviiie siècle un aspect monacal avec de nombreux couvents, églises et chapelles. Seules quelques maisons d'armateur datant du xviiie siècle témoignent d'un rôle plus commerçant de la ville en liaison avec le petit port du Légué, situé au débouché de la vallée du Gouët. La nomination, en 1790, de Saint-Brieuc comme chef-lieu des Côtes-du-Nord (rebaptisées Côtes-d'Armor en 1990) permet à la ville d'asseoir sa suprématie face à ses concurrentes Quintin et surtout Lamballe (capitale du pays de Penthièvre du xie au xviiie s.). Dès 1850, la ville se transforme (boulevards, places, rues agrandies...) et sert d'exutoire aux campagnes surpeuplées. Sa population progresse timidement, de 11 382 habitants en 1836 à 15 253 en 1872 : ses fonctions préfectorales lui valent d'avoir une petite bourgeoisie qui exerce un contrôle sur le pays environnant. Surtout, ses fonctions d'encadrement lui permettent aussi d'être desservie par les réseaux nationaux de communication, d'orientation est-ouest et qui vont couper transversalement les différentes vallées. Que ce soit pour le chemin de fer ou pour les diverses routes nationales, des viaducs comme celui de Toupin, conçu par Louis Harel de La Noé et construit entre 1903 et 1905, sont nécessaires pour traverser les vallées dont l'encaissement avoisine les 70 mètres. Il en résulte une ville très découpée, à la croisée de logiques nationales et locales.

D'un côté, en effet, l'arrivée du chemin de fer et les réseaux est-ouest ont permis l'essor industriel de la ville sur les plateaux, notamment au sud-est et à l'est avec le développement d'activités de brosserie (pinceaux Raphaël) et d'industries mécaniques (Chaffoteaux et Maury, usine du Joint français, dont la grève très dure de 1972 a donné à Saint-Brieuc une image industrielle et conflictuelle qui correspond assez peu à sa réalité économique). De l'autre, la ville souffre de multiples coupures liées aux vallées et à ces réseaux inscrits transversalement. Le centre-ville est ainsi coincé entre la gare et la R.N. 12, entre Gouët et Gouédic. Autour de la cathédrale Saint-Étienne, dont les deux tours principales datent du xive (tour Brieuc) et du xve siècle (tour Marie), la place du Martray et la vieille ville donnent à voir des hôtels particuliers à pans de bois des xve et xvie siècles (hôtel des ducs de Bretagne). Une ceinture de quartiers plus récents joue le rôle d'intermédiaire avec les quartiers périphériques de nature résidentielle et commerciale, qui s'étendent largement sans réelle discontinuité sur les communes voisines, notamment Ploufragan, Trégueux et Langueux. Dans les années 1990, les dynamiques urbaines ont conduit au développement de la Cabri (Communauté de l'agglomération briochine, renommée Saint-Brieuc Agglomération en 2009) pour créer une cohérence sur un espace plus vaste comptant 14 communes.

Mais la véritable dynamique de Saint-Brieuc concerne son pays qui rassemble 64 communes et plus de 190 000 habitants, des communes comme Yffiniac et Plérin connaissant actuellement une croissance très forte. Ville d'écrivains importants comme Villiers de l'Isle-Adam, Louis Guilloux et Jean Grenier, Saint-Brieuc est aujourd'hui à un tournant et tente d'avoir une dimension et un regard maritimes (agrandissement du port de commerce du Légué, reconversion tertiaire du ruban industriel de la vallée...), de limiter les effets de découpage liés aux réseaux (déviation vers le sud de la R.N. 12) et de promouvoir des activités finalement diversifiées et complémentaires : activités commerciales et technologiques confortées par l'essor spectaculaire du zoopôle de Ploufragan créé en 1989 (santé animale, hygiène alimentaire...), essor du pôle universitaire (plus de 4 000 étudiants) et des activités touristiques, valorisation du patrimoine et de la proximité littorale (activités de pêche et ostréiculture, réserve naturelle de la baie d'une surface de 1 140 hectares...).

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Rennes-II-Haute-Bretagne

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Pour citer l’article

Jean OLLIVRO, « SAINT-BRIEUC », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-brieuc/