Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

ROCHES (Classification) Roches sédimentaires

Roches de la Terre

Roches de la Terre

Les roches sédimentaires sont des objets qui se forment ou se sont formés au voisinage de la surface de la lithosphère par transformation des sédiments qui s'y sont déposés : produits d'altération, composés d'origine biochimique ou matériel volcanique (pyroclastites). Le concept de roche sédimentaire reste donc assez vague, dans la mesure où il est impossible de fixer aux phénomènes en jeu des limites précises. Il est nécessaire qu'un sédiment soit transformé pour mériter le nom de roche sédimentaire, mais des modifications se produisent dès la formation d'un dépôt : la diagenèse, qui groupe l'ensemble des processus responsables de la transformation d'un sédiment en roche sédimentaire, débute avec la sédimentation. En outre, elle se poursuit jusqu'au moment du prélèvement d'un échantillon en sondage ou en surface. Certains sédiments sont peu sensibles aux processus diagénétiques et les roches résultantes, même longtemps après leur dépôt, conserveront éventuellement la plupart des caractères sédimentologiques originels.

En fonction du parcours diagénétique suivi et en fonction du temps, le même sédiment fournira des roches variées. La limite supérieure de cette évolution ne peut être fixée, car il faut faire la part des apports extérieurs (hydrothermaux, par exemple) et celle des modifications lors du passage, par enfouissement, à travers des domaines thermodynamiques qui peuvent perturber les paragenèses. Certains composants réagissent plus vite que d'autres aux changements de température et de pression : c'est là le problème de la frontière entre diagenèse et métamorphisme.

Les roches sédimentaires forment ainsi un ensemble complexe dont chaque élément est le témoin d'événements multiples. Elles représentent une somme d'informations précieuse et inépuisable, puisqu'elles constituent l'enregistrement de la plupart des faits qui ont marqué l'évolution du globe depuis plus d'un milliard d'années.

Genèse des roches sédimentaires

Cycle des roches

Cycle des roches

Les roches sédimentaires s'inscrivent dans le cycle majeur qui caractérise l'évolution de la lithosphère et qui peut être subdivisé en quatre secteurs fondamentaux, régis par des associations caractéristiques de processus variés : fragmentation et altération, ablation et transport, sédimentation, diagenèse.

Fragmentation et altération

La fragmentation et l'altération se font sous l'action des complexes bioclimatiques et sont réservées aux milieux continentaux et à leurs bordures. L'observation signale que la surface des continents est habituellement revêtue d'une couche superficielle en général meuble, qui cache les matériaux de l'écorce et qui résulte des modifications subies par cette dernière au contact de l'atmosphère et dans la zone d'influence de la biosphère.

Cette évolution peut être simplement mécanique. Le cas le plus simple est celui des fractures, des diaclases ou des joints, hérités de la tectogenèse ou de la sédimentation et qui permettent un délogement sous l'effet, par exemple, de la seule gravité (éboulis). La thermoclastie n'a qu'un faible rôle, limité à l'éclatement de certaines roches (silex) sous l'action de chocs thermiques violents et à la désagrégation granulaire de roches polycristallines par dilatation différentielle des constituants. L'eau favorise ce phénomène, car son coefficient de dilatation est beaucoup plus grand que celui des roches. Dans la cryoclastie, facteur mécanique dominant dans les régions froides, l'eau est le moteur essentiel : les ruptures se produisent lorsque les pressions nées de la transformation eau → glace dépassent les forces de cohésion. Interviennent alors l'ampleur des écarts thermiques, la fréquence des alternances gel-dégel, la porosité, le coefficient d'imbibition.[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur à la faculté des sciences de l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, directeur du laboratoire de géologie de l'École normale supérieure de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Roches de la Terre

Roches de la Terre

Cycle des roches

Cycle des roches

Classification triangulaire

Classification triangulaire

Autres références

  • ACIDES ROCHES

    • Écrit par Jean-Paul CARRON
    • 426 mots

    En pétrographie, on qualifie de « roches acides » celles qui contiennent plus de 65 p. 100 en poids du constituant SiO2 (la silice). Comme les minéraux les plus siliceux — à l'exception bien entendu du quartz — sont les feldspaths alcalins, pour lesquels la teneur en SiO2 est précisément...

  • ANDÉSITES ET DIORITES

    • Écrit par Jean-Paul CARRON, Universalis, Maurice LELUBRE, René MAURY
    • 2 066 mots
    • 2 médias
    C'est à l'abbé Haüy (Traité de géognosie de J. F. d'Aubuisson de Voisins, 1819), qui mettait ainsi l'accent sur la présence, dans ces roches plutoniques, de minéraux différant nettement les uns des autres par leur couleur, que les diorites doivent leur nom (du grec diorizô...
  • ARGILES

    • Écrit par Daniel BEAUFORT, Maurice PAGEL
    • 2 654 mots
    • 7 médias

    Les argiles ont été utilisées très tôt dans l'histoire de l'humanité, après le silex et la pierre taillée. Ce matériau possède des propriétés plastiques particulières : facilement modelable, il peut être figé de façon irréversible, ce qui a permis les premières applications domestiques...

  • BASALTES ET GABBROS

    • Écrit par Jean-Paul CARRON, Universalis, René MAURY
    • 3 670 mots
    • 2 médias

    Les basaltes et les gabbros sont des roches magmatiques dont la composition chimique est très voisine. Basaltes et gabbros sont en effet intimement liés géographiquement puisqu'ils représentent les constituants largement majoritaires de la croûte océanique (ou « plancher océanique »). Schématiquement,...

  • Afficher les 49 références

Voir aussi