ROBOTIQUE ET PSYCHOLOGIE

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Exemple simplifié d’un réseau de neurones artificiels utilisé pour contrôler les déplacements d’un robot mobile

Exemple simplifié d’un réseau de neurones artificiels utilisé pour contrôler les déplacements d’un robot mobile
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Robot Berenson

Robot Berenson
Crédits : LabEx PATRIMA et EquipEx PATRIMEX

photographie


Le robot comme modèle ou caricature

En parallèle, les robots sont aussi utilisés pour tester les conséquences comportementales de modèles cognitifs. Les chercheurs ont été surpris de constater à quel point des architectures de contrôle très simples et caricaturales couplant directement capteurs et actionneurs permettent d’obtenir des comportements très riches que des observateurs naïfs interprètent comme des comportements « intelligents » ou volontaires du robot. Par exemple, des robots inspirés des cafards ou des papillons de nuit ont permis d’obtenir des comportements typiques de « fuite » ou au contraire d’« attraction » par une source de lumière. Un observateur peut avoir l’impression que les robots s’agressent, se fuient, se reconnaissent dans un miroir… Se pourrait-il alors que des comportements cognitifs apparemment très complexes soient le fruit de réseaux de neurones beaucoup plus simples que nous ne l’imaginons ?

La compréhension de la marche bipède est un autre exemple de l’apport de la robotique aux sciences cognitives. Les robots construits pour mimer la marche humaine de manière planifiée  effectuent une marche statique, peu naturelle et consommant une quantité importante d’énergie. Cela a conduit des roboticiens à proposer des modèles de marche alternatifs basés sur la notion de marcheur passif. La marche est alors le résultat d’un système dynamique oscillant comme un pendule que l’on aurait inversé et dont la mécanique elle-même assure l’équilibre. Mis sur un plan incliné, le marcheur passif descend la pente sans utiliser le moindre moteur ou système de contrôle. Les mouvements de ses articulations (genoux, hanches, bras) sont dictés par les forces de gravité et l’inertie du système. Il en résulte une marche étonnamment dynamique et naturelle. Serait-il possible que la marche humaine soit moins finement planifiée qu’on ne le pensait ? Notre cerveau pourrait se « contenter » d’injecter ponctuellement de l’énergie à nos muscles pour contrôler marche et postur [...]

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, responsable de l'équipe neurocybernétique du laboratoire ETIS, responsable du master Informatique et ingénierie des systèmes complexes de l'université de Cergy-Pontoise

Classification

Voir aussi

COMPORTEMENT    MARCHE    MODÉLISATION    PROCESSUS COGNITIFS    SIMULATION

Pour citer l’article

Philippe GAUSSIER, « ROBOTIQUE ET PSYCHOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/robotique-et-psychologie/