LEPAGE ROBERT (1957- )

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Auteur, metteur en scène, scénographe et acteur québécois né en 1957 à Québec, grand artisan du renouveau culturel du Canada francophone.

Diplômé en 1978 du Conservatoire d'art dramatique de Québec, Robert Lepage part étudier à Paris sous la direction du dramaturge Alain Knapp. Il se distingue dans l'improvisation comique lorsqu'il entre au Théâtre Repère, à Québec, en 1982. Fondée par Jacques Lessard, cette troupe encourage la participation active des comédiens dans la mise au jour des clés et idées maîtresses des pièces en production. En 1985, Lepage devient le directeur artistique de la compagnie. En tant que comédien, il joue dans ses pièces solo, comme Vinci (1985) et, plus tard, Les Aiguilles et l'opium (1991). Au cinéma, il incarne Pilate dans le film Jésus de Montréal en 1988. De 1989 à 1993, Lepage dirige le Théâtre français du Centre national des arts d'Ottawa, avant de retourner à Québec en 1994 pour créer une nouvelle compagnie théâtrale, Ex Machina.

En tant que metteur en scène, Lepage illustre dans la pièce Les Plaques tectoniques (1988) le choc des cultures québécoise et écossaise au travers de deux pianos glissant sur la scène, symboles de l'Europe et de l'Amérique. La pièce Le Polygraphe (1988), sorte de polar métaphysique, servira d'exutoire au dramaturge après le meurtre de l'un de ses amis. Lepage joue aussi sur le mélange inattendu des genres. Dans Les Aiguilles et l'opium (1991), il juxtapose ainsi les vies de Jean Cocteau et de Miles Davies, en faisant voyager entre New York et Paris, en 1949, ces deux hommes minés par la drogue. L'autre particularité de Lepage est d'écrire des pièces multilingues, où les comédiens doivent parvenir à transmettre le sens de leurs paroles sans recourir à la traduction. Son Roméo et Juliette de Shakespeare sera ainsi monté, en 1989, dans un mélange d'anglais et de français. La Trilogie des dragons (1985), qui lui vaudra en 1988 le prix Dora Mavor Moore de la mise en scène, est en partie écrite en chinois. L’œuvre trouvera son épilogue en 2009 avec Le Dragon bleu. En 1992, Lepage met en émoi le Royal National Theatre de Londres en mettant en scène au milieu de la boue Le Songe d'une nuit d'été. Le drame de Hiroshima sert de métaphore aux Sept Branches de la rivière Ota (1994).

En 1993, Lepage fait son entrée dans l'univers musical avec les mises en scène, pour la Canadian Opera Company, du Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók, et de l'Erwartung (« L'Attente ») d'Arnold Schoenberg. Il a également porté à la scène La Damnation de Faust, de Berlioz (1999) et L’Anneau du Nibelung, de Wagner (2010).

Ce magicien des planches continue de surprendre et de provoquer le public par ses pièces en puzzle où le monde des idées est si ingénieusement traduit en images (La Géométrie des miracles, 1998 ; Zulu Time, 1999 ; La Face cachée de la lune, 2000 ; Le Projet Andersen, 2006). Pour saluer sa contribution aux arts du spectacle canadiens, Robert Lepage a reçu, avec Patrick Zadek, le prix Europe pour le théâtre en 2007.

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Pour citer l’article

Diane Lois WAY, « LEPAGE ROBERT (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-lepage/