DIEBENKORN RICHARD (1922-1993)

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Le peintre américain Richard Diebenkorn, l'un des artistes les plus éminents de la côte ouest des États-Unis, est mort le 30 mars 1993 à l'âge de soixante-dix ans (il était né à Portland, dans l'Oregon). Dès 1948, il avait bénéficié d'une exposition personnelle au musée de San Francisco. Ses tableaux s'inspiraient alors du cubisme synthétique tardif qui dominait la scène artistique américaine avant que l'expressionnisme abstrait ne devînt populaire. Très vite, cependant, Diebenkorn découvrit les paysages abstraits de Willem De Kooning et en tira des œuvres personnelles : il y intégra les couleurs fondues et les formes dissolues qu'il observait dans le désert du Nouveau-Mexique où il résida entre 1949 et 1952. En 1955, il revint à la figuration et devint l'un des chefs de file du mouvement que l'on a appelé la Figuration de la baie de San Francisco. Il tentait alors de réconcilier deux modes picturaux souvent antinomiques en combinant une volonté de prosaïsme qui s'exprimait dans le choix de sujets typiquement américains avec un désir de picturalité pure, picturalité qu'il avait découverte dans l'abstraction. À partir de 1956, il fut l'un des seuls artistes californiens à bénéficier d'expositions régulières à New York, et sa renommée ne cessa de grandir. En 1967, il abandonna à nouveau la figuration et peignit le premier tableau de la série des Ocean Park, synthèse des deux systèmes auparavant contradictoires. Les quelque cent cinquante toiles de cette série, qu'il poursuivit jusqu'à sa mort, sont des géométries délicates aux couleurs subtilement modulées ; certes inspirées par l'atmosphère de Californie, elles rappellent aussi Matisse. Très célèbre aux États-Unis où son œuvre a fait l'objet de plusieurs rétrospectives (en particulier en 1976 à Buffalo et en 1988 au Museum of Modern Art de New York), Richard Diebenkorn est resté méconnu en France. Aucune institution française n'a d'ailleurs participé à la grande rétrospective de ses tableaux qui a parcouru l'Europe en 1992, sans doute parce que cette peinture, tiraillée entre l'abstraction et la figuration, entre les particularismes locaux et la volonté de s'inscrire dans le courant de la peinture occidentale, demeure réfractaire à la vision simplificatrice de l'art américain qui prévaut le plus souvent en France.

—  Éric de CHASSEY

Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art, université François-Rabelais, Tours, membre de l'Institut universitaire de France

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ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - Les arts plastiques

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  • François BRUNET, 
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Dans le chapitre « L'école de New York et la crise de l'expressionnisme abstrait »  : […] Pollock lui-même abandonne l'abstraction all-over qui a fait sa réputation dès 1950-1951 (années où De Kooning revient également au thème du nu féminin), pour réaliser une série de peintures semi-figuratives à l'émail noir sur toile vierge qui seront suivies d'expérimentations erratiques jusqu'à sa mort prématurée, à l'âge de quarante-quatre ans. L'accident de voiture qui lui coûte la vie ne fait […] Lire la suite

Pour citer l’article

Éric de CHASSEY, « DIEBENKORN RICHARD - (1922-1993) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/richard-diebenkorn/