RHOÏCOS (2e quart VIe s. av. J.-C.)

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Actif durant le deuxième quart du vie siècle, Rhoïcos est le premier grand artiste grec, à la fois architecte et sculpteur, dont nous puissions tant soit peu apprécier l'œuvre. Son nom est presque toujours associé dans les textes antiques à celui de Théodôros, son fils selon Diodore. Qu'il se soit agi d'un atelier familial ou de l'association d'un artiste et d'un ingénieur, Rhoïcos est en tout cas à la tête d'une véritable firme qui conçoit et exécute des projets d'avant-garde et de grande envergure, inspirés par l'Égypte.

Sa présence est d'ailleurs attestée à Naucratis, le comptoir grec du Delta, entre 575 et 550, par la dédicace d'un vase à Aphrodite (British Museum, inv. 88.6-1.392, Londres). Dans le domaine de la sculpture, ses deux fils ( ?) sont crédités par Diodore (I, 98) de la réalisation simultanée, à Samos et à Éphèse, des deux parties d'une statue d'Apollon qui se complétaient parfaitement grâce à l'emploi du canon égyptien – une grille de proportions permettant de reproduire exactement les figures humaines. C'est à l'Égypte également qu'il emprunte la technique de la fonte en creux à la cire perdue (Pausanias IX, 41, 1 ; X, 38, 6) qui va révolutionner la sculpture grecque : elle permet d'obtenir avec peu de matériau, par pièces détachées assemblées après la fonte, des statues légères, faciles à équilibrer, capables de représenter un mouvement vif. C'est enfin à son retour d'Égypte qu'il a dû concevoir (Hérodote III, 60) le plan du grand temple d'Héra, à Samos, le premier temple grec à double colonnade extérieure (570-560), dont les proportions gigantesques (52,5 × 105 m) et la « forêt de colonnes » s'inspirent des salles hypostyles des temples égyptiens. Ce prototype en calcaire tendre (pôros), ne resta pas longtemps debout : insuffisamment fondé, il s'écroula et fut remplacé par un temple identique en marbre, mais beaucoup plus solidement fondé. Entre-temps, Éphèse et Didymes s'étaient dotées de temples semblables.

—  Bernard HOLTZMANN

Bibliographie

V. C. Goodlett, « The Non-Collaboration between Rhoikos and Theodoros », in American Journal of Archaeology, 93, p. 254, 1989.

Écrit par :

  • : ancien membre de l'École française d'Athènes, professeur émérite d'archéologie grecque à l'université de Paris-X-Nanterre

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Pour citer l’article

Bernard HOLTZMANN, « RHOÏCOS (2e quart VIe s. av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rhoicos/