RÉSISTANCE INTÉRIEURE ALLEMANDE

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Au début du IIIe Reich, les nationaux-socialistes rencontrent beaucoup d'hostilité au sein de la population. Mais les SA, les SS et la Gestapo réduisent au silence tous leurs adversaires en moins d'une année. Les irréductibles survivants ou ceux qui sont encore en liberté sont rares. La population dans son ensemble suit Hitler et elle écoute la propagande de Goebbels. Toutefois, de 1934 à 1939, certains milieux résistent encore aux nationaux-socialistes, notamment les Églises, protestante et catholique. On évoquera Dietrich Bonhoeffer, qui sera arrêté en 1943 et pendu en 1945, en même temps que Canaris et Osten, et ses lettres de captivité, Widerstand und Ergebung, traduites en français sous le titre Résistance et soumission. Qu'on n'oublie pas, par exemple, que c'est à la suite d'une courageuse intervention des Églises que les nazis furent contraints d'arrêter, du moins officiellement, l'odieuse pratique des massacres de malades mentaux dans les hôpitaux. La guerre venue, la résistance intérieure allemande s'organise peu à peu, et prend diverses appellations comme l'Orchestre rouge, la Rose blanche. L'opposition de certains généraux et la conspiration, avec Goerdeler, Oster, Canaris, aboutissent à l'attentat manqué du 20 juillet 1944 (opération Walkyrie) contre Hitler. Cependant, si cette résistance intérieure allemande eut ses héros et ses martyrs, elle ne fut qu'une lutte, poignante, d'hommes désarmés, sans appui étranger, face à un dictateur dont seuls, finalement, les Alliés purent avoir raison.

—  André BRISSAUD

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ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne moderne et contemporaine

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Dans le chapitre « Adhésion et résistance au nazisme »  : […] À l'égard d'un régime totalitaire où un seul parti est autorisé – tous les autres se sont dissous ou ont été supprimés en 1933 – il ne peut exister, semble-t-il, qu'une adhésion ou une opposition totales. En fait, la question est plus complexe et les difficultés en sont apparues après 1945 lorsque les occupants, puis les Allemands eux-mêmes, s'attelèrent à la « dénazification ». Si l'on admet que […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-histoire-allemagne-moderne-et-contemporaine/#i_17329

BARMEN CONFESSION DE FOI DE (1934)

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Déclaration de l'Église confessante d'Allemagne contre le nazisme et contre l'emprise qu'il voulait exercer sur le protestantisme allemand. L'arrivée au pouvoir de Hitler, en janvier 1933, déchira ce dernier. Le 25 avril 1933, une « Église évangélique de la nation allemande » est créée qui entend regrouper les « chrétiens allemands » partisans du national-socialisme et réaliser dans l'Église prote […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/confession-de-foi-de-barmen/#i_17329

BARTH KARL (1886-1968)

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Dans le chapitre « L'existence théologique d'aujourd'hui »  : […] À partir de l'arrivée de Hitler au pouvoir en janvier 1933, Barth est engagé dans le conflit entre l'exclusivité christologique, biblique, de la Révélation et la prétention nazie d'exprimer par le mouvement de l'histoire une autre providence divine. En juillet 1933, il publie le pamphlet qui va donner naissance à l' Église confessante allemande : « Là où l'on comprend que Jésus-Christ, et lui seul […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-barth/#i_17329

BECK LUDWIG (1880-1944)

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D'une famille d'industriels, Ludwig Beck fait de brillantes études militaires et sert dans différents états-majors durant la Première Guerre mondiale qu'il termine avec le grade de major. Dans la Reichswehr, il est de ces jeunes officiers qui collaborent clandestinement avec l'Armée rouge pour parfaire leur instruction et s'entraîner sur du matériel moderne. Le jeune mouvement national-socialiste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ludwig-beck/#i_17329

BOCK FEDOR VON (1880-1945)

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Descendant d'une longue lignée de militaires et neveu du général Erich von Falkenhayn, le maréchal Fedor von Bock incarnait l'officier prussien mieux qu'aucun autre . Monarchiste ardent et ami du Kronprinz, il va pourtant se rallier rapidement à Hitler. Celui-ci lui confie en 1938 le commandement des troupes qui vont envahir l'Autriche . L'année suivante, il s'illustre dans la campagne de Pologne […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fedor-von-bock/#i_17329

BONHOEFFER DIETRICH (1906-1945)

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Dans le chapitre « La responsabilité coûteuse »  : […] L'arrivée de Hitler au pouvoir, le 30 janvier 1933, lance Bonhoeffer dans le combat de l'Église confessante allemande. Alors qu'il insistait précédemment sur les dimensions ecclésiastiques de la science théologique, il va sans relâche rappeler les dimensions « mondaines » de la responsabilité ecclésiastique. Le monde doit en son entier se restructurer en Christ. L'Église ne saurait donc se limite […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dietrich-bonhoeffer/#i_17329

CANARIS WILHELM (1887-1945)

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Fils d'un maître de forges, Karl Canaris, de lointaine ascendance italienne, Wilhelm Canaris est le benjamin de trois enfants. Intelligent, vif d'esprit, espiègle, il fait ses études au lycée de Duisbourg, lit beaucoup, retient sans effort et apprend facilement les langues. Au début de la Première Guerre mondiale, il prend part au combat naval de Coronel, puis à celui des Falkland, désastreux pour […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wilhelm-canaris/#i_17329

GOERDELER KARL FRIEDRICH (1884-1945)

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Après des études de droit à Tübingen et à Königsberg, Goerdeler entre en 1911 dans l'administration communale. Maire de Königsberg (1922), puis de Leipzig (1930), il se révèle un grand administrateur et un excellent organisateur, notamment dans le domaine économique. Sceptique envers le régime parlementaire, il était membre du Parti national allemand. En décembre 1931, le chancelier Brüning fait a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-friedrich-goerdeler/#i_17329

HASSELL ULRICH VON (1881-1944)

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Diplomate allemand de carrière et membre de la noblesse hanovrienne, von Hassell est ambassadeur à Rome lorsque Hitler accède au pouvoir. Hostile à la politique qui aura pour effets la création de l'axe Rome-Berlin, le pacte antikomintern et le pacte d'acier, il s'attire l'hostilité ouverte de Joachim von Ribbentrop. Quand ce dernier devient ministre des Affaires étrangères, en février 1938, Ulric […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ulrich-von-hassell/#i_17329

NIEMÖLLER MARTIN (1892-1984)

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Pasteur protestant allemand, Martin Niemöller fait la Première Guerre mondiale comme commandant de sous-marin. Administrateur de la mission intérieure du land de Münster-Westphalie de 1924 à 1930, il devient pasteur de la paroisse de Berlin-Dahlem. Lors de l'arrivée au pouvoir de Hitler, il ajoute une note à son livre, Du sous-marin à la chaire ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/martin-niemoller/#i_17329

NON-VIOLENCE

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Dans le chapitre « La non-violence face au génocide »  : […] La question du génocide oblige à pousser plus loin la réflexion sur les limites du combat sans armes. En effet, conduire une action de répression contre une population, ce n'est pas vouloir l'anéantir. La répression a généralement pour but de rendre plus facile l'exploitation d'un groupe ou d'une société, au pire sa mise en esclavage, jamais son éradication. Si la résistance pacifique peut dispose […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/non-violence/#i_17329

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Wurtembergeois, Erwin Rommel est fils d'un professeur de Heidenheim ; il entre comme cadet au 6 e  bataillon du 124 e  régiment d'infanterie, à Weingarten, et reçoit en 1912 le brevet de lieutenant. Il se couvre de gloire pendant la Première Guerre mondiale et il est décoré de l'ordre « Pour le Mérite ». Sympathisant du national-socialisme il prend […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/erwin-rommel/#i_17329

STAUFFENBERG CLAUS SCHENK comte von (1907-1944)

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Fils d'un chambellan de la cour wurtembergeoise, Claus von Stauffenberg descendait par sa mère de deux généraux célèbres de l'époque napoléonienne dont Gneisenau, héros de la guerre de la libération contre les Français. Beau, doué pour les exercices physiques autant que pour les recherches de l'esprit, Stauffenberg puise au sein d'une famille cultivée, raffinée et ardemment catholique la source de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/claus-stauffenberg/#i_17329

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Cousin d'Otto von Stülpnagel, Karl Heinrich von Stülpnagel fait une carrière militaire obscure jusqu'en 1938 où il est promu quartier-maître général et devient l'adjoint du général Halder à l'état-major de l'armée allemande. À ce poste, il commence à nourrir des sentiments antinazis. Pendant la campagne de France, il commande le 2 e  corps d'armée, puis est nommé président […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-heinrich-von-stulpnagel/#i_17329

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Né dans une vieille famille de militaires à Breslau, capitaine en 1914, Witzleben termine la Première Guerre mondiale dans un état-major de division. À Dresde, en 1923, il devient le collaborateur et l'ami de Beck. En 1935, Hitler lui confie le commandement de la région militaire de Berlin, puis du groupe de régions de Francfort en 1938. Toutefois, Witzleben, tout comme Beck, dissimulait mal son a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/erwin-von-witzleben/#i_17329

Pour citer l’article

André BRISSAUD, « RÉSISTANCE INTÉRIEURE ALLEMANDE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/resistance-interieure-allemande/