PROLÉGOMÈNES À UNE THÉORIE DU LANGAGE, Louis Trolle HjelmslevFiche de lecture

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Parus en 1943 dans les Annales de l'université de Copenhague, les Prolégomènes à une théorie du langage représentent un bilan de la théorie générale de Louis Trolle Hjelmslev (1899-1965) concernant le langage, ce qu'il appelle la glossématique. Conçus dans la continuité des attendus saussuriens, avec la collaboration du Cercle linguistique de Copenhague (fondé par Hjelmslev en 1931), ils ambitionnent de fonder de manière immanente une théorie générale du langage qui soit la plus proche possible d'une axiomatique.

Louis Trolle Hjelmslev

Louis Trolle Hjelmslev

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Louis Trolle Hjelmslev (1899-1965), animateur du Cercle linguistique de Copenhague. 

Crédits : D.R.

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La glossématique

La glossématique se donne pour objet des textes, c'est-à-dire un certain état de réalisation des productions linguistiques, dont l'analyse doit produire la résolution (ou déduction) en classes et composantes. « En partant du texte comme donnée et en cherchant à indiquer la voie pour une description non contradictoire et exhaustive de celui-ci à travers une analyse – un passage déductif de classe à composante et composante de composante –, il faut que les niveaux les plus profonds du système de définitions de la théorie du langage traitent du principe de cette analyse, déterminent sa nature et les concepts qui y entrent. » La formulation réflexive de la théorie aboutit à l'élaboration de principes qui respectent les deux principes de l'induction : exhaustivité (il n'y a pas de reste à l'analyse linguistique d'un texte) et non-contradiction (deux principes simultanément vrais à propos du même terme traité au même niveau sont équivalents : dans ce cas, le plus simple des deux est retenu, à l'exclusion de l'autre).

Un système de dépendances

Pour le structuralisme linguistique, dont la glossématique est une variante, le système est fondé sur des relations – ou des rapports – et non sur des entités. Prolongeant l'intuition de Saussure – « la langue est forme et non substance » –, Hjelmslev propose de définir la structure comme une « entité autonome de dépendances internes ».

Selon qu'elles concernent respectivement le système ou le processus (qui correspondent à la distinction entre langue et parole), les trois modalités se dédoublent par isomorphie : l'interdépendance (deux termes se présupposent mutuellement) en solidarité et complémentarité ; la détermination (un terme en suppose un autre sans que la réciproque soit vraie) en sélection et spécification ; la constellation (existence d'un rapport sans qu'il y ait dépendance stricte) en combinaison et autonomie.

Redoutée pour sa difficulté et la spécificité de sa terminologie, la glossématique a connu peu d'applications.

—  Gabriel BERGOUNIOUX

Bibliographie

L. Hjelmslev, Prolégomènes à une théorie du langage, trad. A. M. Léonard, U. Canger et A. Wewer, Minuit, Paris, 1971.

※ Études

K. Togeby dir., « La Glossématique. L'héritage de Hjelmslev au Danemark », in Langages, 6, 1967.

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Gabriel BERGOUNIOUX, « PROLÉGOMÈNES À UNE THÉORIE DU LANGAGE, Louis Trolle Hjelmslev - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/prolegomenes-a-une-theorie-du-langage/