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PRIX LASKER 2016

Le prix Lasker-DeBakey pour la recherche clinique

Ce prix revient à Ralf F. W. Bartenschlager, Charles M. Rice et Michael J. Sofia, « pour le développement d’un système d’étude de la réplication du virus de l’hépatite C et pour son utilisation pour révolutionner le traitement de cette maladie chronique, souvent mortelle ». Le petit virus à ARN responsable de l’hépatite C fut identifié en 1989. Cette dernière est une maladie grave qui, en se chronicisant, évolue vers une cirrhose et le cancer du foie. Disposer d’un traitement ou d’une prévention de l’hépatite C est un enjeu majeur de santé puisque environ 3 p. 100 de la population mondiale en est atteinte (jusqu’à 20 p. 100 en Égypte). Les trois récipiendaires du prix Lasker ont apporté les données différentes et complémentaires qui ont permis en 2014 de disposer d’un traitement de l’hépatite C spécifique et efficace, aboutissant à l’élimination du virus dans plus de 95 p. 100 des cas. Ralf F. W. Bartenschlager est un virologiste allemand né le 29 mai 1958. Après des études de biologie et une thèse en biologie moléculaire à Heidelberg soutenue en 1990, il devient professeur à l’université de Heidelberg et s’intéresse aux virus et aux pathologies d’origine virale. Il est particulièrement connu pour avoir mis au point un système de multiplication du virus de l’hépatite C dans des cellules cultivées in vitro. Charles M. Rice est un virologiste américain né le 25 août 1952. Il fait ses études en Californie, est d’abord intéressé par la médecine vétérinaire, puis par la biologie marine. À partir de 1975, il étudie la structure des protéines virales (Caltech) et passe son doctorat sur ce sujet en 1981. Il se spécialise progressivement dans l’étude du virus de l’hépatite C et est surtout connu pour avoir caractérisé les différentes protéines de ce virus et leurs propriétés. Il travaille à l’université Rockefeller de New York. Avec le système de multiplication du virus mis au point par Bartenschlager et une solide connaissance des protéines spécifiques du virus établie par Rice, la recherche des molécules capables de bloquer spécifiquement les protéines responsables de la multiplication virale devenait possible.

Le troisième homme, Michael J. Sofia, un chimiste américain né en 1958, formé d’abord à l’université Cornell, puis à la synthèse organique à l’université Columbia, va utiliser le modèle d’étude du virus de l’hépatite C. Sofia est déjà connu pour ses travaux sur la mise au point de diverses molécules antivirales. Directeur scientifique de Arbutus Biopharma Corporation, une société basée à Vancouver (Canada), qu’il a contribué à créer en 2012, il met alors au point une molécule qui bloque la polymérase du virus de l’hépatite C, et inhibe ainsi la multiplication virale in vitro ainsi qu’in vivo sans interférer avec la biologie des cellules du foie. Cette molécule, le sofosbuvir, est désormais largement utilisée en clinique. Seule ou en association avec la ribavirine, elle élimine le virus chez les patients atteints d’une infection chronique par le virus de l’hépatite.

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Écrit par

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Les lauréats des prix Lasker de médecine 2016

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