BERRYER PIERRE (1790-1868)

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Fils d'un avocat au parlement de Paris célèbre sous l'Empire, élève de Juilly, marié en 1811 à la fille d'un directeur de la marine et de la guerre, Berryer devint lui-même avocat. Royaliste dès l'époque impériale, il s'engagea dans les volontaires royaux en 1815, mais il assista son père et Dupin aîné dans la défense du maréchal Ney en 1815, et fut l'avocat du général Cambronne en 1816, avant d'être celui des journaux ultra-royalistes sous la Restauration. Membre de la Société des bonnes lettres et de la Société des bonnes études, il s'intéresse aux problèmes religieux et il défend Lamennais lorsque celui-ci est poursuivi en 1826 pour son livre De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et social. Candidat des ultraroyalistes à un poste laissé vacant par la mort d'un député, il est élu en Haute-Loire le 26 janvier 1830 par le collège électoral du département et prend la parole pour la première fois à la Chambre pour combattre l'Adresse des 221. Il refuse d'entrer dans le cabinet Polignac. Mais après la révolution de Juillet, il proteste le 7 août contre la désignation du nouveau souverain. Partisan de la branche aînée, il est le principal représentant du légitimisme parlementaire, qui utilise des moyens légaux pour s'opposer à la monarchie de Juillet. Bien que désapprouvant la tentative de la duchesse de Berry qu'il cherche à détourner de son projet insurrectionnel, il est arrêté en 1832, mais le jury du Loir-et-Cher l'acquitte. Il est réélu en Haute-Loire en juillet 1831 puis élu en juin 1834 dans trois collèges électoraux. Il choisit Marseille, qu'il représentera jusqu'à la fin de la IIe République. Il va saluer en 1835 Charles X à Goritz puis est reçu par l'empereur d'Autriche. Quand sa situation financière précaire l'oblige à mettre en vente en août 1846 son domaine d'Augerville, une souscription légitimiste le lui rachète. Il est l'un des principaux orateurs de la Chambre des députés, prenant la parole notamment sur les chemins de fer, sur l'Algérie et, en mai 1845, en faveur des congrégations religieuses contre Thiers. C'est aussi le défenseur attitré des journaux légitimistes dans les nombreux procès qui leur sont intentés (Le Journal des débats, Le Drapeau blanc, La Quotidienne). Il sera également l'avocat du prince Louis-Napoléon en 1840, après l'échec du complot de Boulogne. Il participe à la visite au comte de Chambord, « Henri V », des légitimistes français à Belgrave Square, à la fin de 1843. Démissionnant pour protester contre les paroles du gouvernement qui « flétrissait » cette démarche, il est réélu triomphalement en mars 1844. Après la révolution de février 1848, il est élu par les Bouches-du-Rhône en avril à l'Assemblée constituante, puis en mai 1849 à l'Assemblée législative. S'étant rapproché des autres forces conservatrices, Berryer est devenu l'un des membres influents du Comité de la rue de Poitiers et du parti de l'Ordre. Il a voté contre la Constitution de 1848 ; lors du coup d'État du 2 décembre, il est au nombre des députés qui se réunirent à la mairie du Xe arrondissement pour voter symboliquement une déchéance de Louis-Napoléon ; se retirant de la politique, il continua de plaider et entra à l'Académie française en 1855. Candidat de l'opposition en 1863, il fut député de Marseille ; toujours fidèle aux Bourbons de la branche aînée, il s'associa parfois aux républicains contre Napoléon III et participa à la souscription Baudin en 1868, peu de temps avant sa mort.

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André Jean TUDESQ, « BERRYER PIERRE - (1790-1868) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-berryer/