WEIR PETER (1943- )

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Peter Weir s'est imposé, au milieu des années 1970, comme l'un des chefs de file du nouveau cinéma australien, avec, entre autres, Bruce Beresford, Donald Crombie, Colin Eggleston, Richard Franklin, Ken Hannam, George Miller, Phillip Noyce, Fred Schepisi et Simon Wincer. Mais, alors que la plupart de ses congénères, happés par le nouvel Hollywood, ont ensuite tourné des films impersonnels, il a su construire une œuvre singulière et parfaitement cohérente.

Né le 21 août 1943, Peter Weir suit des cours d'art et de droit à l'université de Sydney, sa ville natale, avant d'assister son père, agent immobilier. En 1965, il part pour l'Europe. De retour en Australie, il exerce divers métiers avant d'entrer, en 1967, à A.T.N. 7, une chaîne de télévision, où il travaille comme machiniste, puis comme régisseur. Dans le même temps, il mène une activité d'auteur, de metteur en scène et d'interprète de spectacles d'avant-garde pour lesquels il tourne des films courts en 16 mm. Cette même année, il réalise un premier court-métrage pour le cinéma, Count Vim's Last Exercice, que suit l'année suivante The Life and Flight of the Reverend Buckshotte.

En 1969, Peter Weir rejoint la Commonwealth Film Unit, au titre d'assistant de production et d'assistant-opérateur. Il est ainsi amené à passer à la réalisation ; il écrit et dirige Michael, un moyen-métrage de fiction qui obtient, en 1970, le grand prix de l'Australian Film Institute. Il reçoit ce même prix en 1971 pour Homesdale, une comédie d'humour noir. Après un nouveau séjour à Londres pour y étudier la production britannique, il tourne une série de courts-métrages documentaires pour la C.F.U.

En 1974, Peter Weir passe au long-métrage avec The Cars that Ate Paris (Les Voitures qui ont mangé Paris), que suivent, en 1975, Picnic at Hanging Rock (Picnic à Hanging Rock) et, en 1977, The Last Wave (La Dernière Vague), qui est couronné au festival d'Avoriaz. Dans ces trois films, à l'atmosphère étrange, il installe les thèmes dominants de son œuvre future, notamment celui du protagoniste qui « échoue » dans un territoire étranger, à la culture différente de la sienne. Territoire, souvent hostile sinon méfiant, dont il ne perçoit que les apparences et duquel il apparaît comme prisonnier.

Peter Weir revient ensuite à la télévision pour diriger deux épisodes de la série Luke's Kingdom, puis écrire et réaliser un téléfilm, The Plumber (1978), une nouvelle comédie d'humour noir, qui sera récompensé par deux Sammy Awards. Puis il signe deux œuvres prestigieuses : Gallipoli (1981), somptueuse reconstitution de la désastreuse expédition des Alliés dans les Dardanelles en 1915, et The Year of Living Dangerously (L'Année de tous les dangers, 1982), qui évoque le dédale des enjeux politiques qui, à Djakarta en 1965, vont entraîner la chute de Sukarno. Il y enrichit la prédominance du thème de l'« étranger », et y confirme l'importance que tiennent dans son univers les éléments, l'eau et le feu principalement, déclinés sous diverses formes : océan, fleuve, rizière, pluie, brume, neige, etc., pour le premier ; incendie, soleil, désert, explosions, etc., pour le second. Son œuvre s'assimile à l'élément liquide par la fluidité de la mise en scène, le traitement « impressionniste » de la lumière, la singularité de la structure du récit qui évolue à la manière d'un fleuve serpentant paresseusement, récit dont le « sens », souvent, se dissout comme les eaux s'évaporent.

Ces deux films ayant obtenu un immense succès critique et public, Peter Weir est invité à venir travailler aux États-Unis. Sans pour autant faire œuvre anonyme, son univers, tant thématique que plastique, y étant vivace, il y réalise successivement trois films de genre : un thriller, Witness (1985), un film d'aventures exotiques, Mosquito Coast (1986), et une comédie dramatique, Dead Poet's Society (Le Cercle des poètes disparus, 1989). En dépit de l'énorme succès rencontré par ce dernier film, il signe ensuite une œuvre à petit budget en coproduction franco-australienne : Green Card (1990), une comédie romantique. Trois ans plus tard, il réalise Fearless (État second, 1993), un drame psychologique.

Ce n'est qu'après cinq ans que Peter Weir met en scène The Truman Show (1998), fable sur le pouvoir des médias, qui, par son sujet, constitue en quelque sorte une métaphore de toute sa [...]

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, professeur d'histoire du cinéma

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Pour citer l’article

Alain GAREL, « WEIR PETER (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-weir/