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SPAAK PAUL HENRI (1899-1972)

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Né à Schaerbeek (Bruxelles), dans une famille très liée à la vie politique belge, Paul Henri Spaak fait des études de droit, puis est admis au barreau de Bruxelles en 1921.

En 1925, il devient secrétaire du ministre socialiste des Affaires sociales. Élu député en 1932, il fait son entrée dans le cabinet Van Zeeland ; en 1935, il reçoit le portefeuille de la Justice et, en 1936, pour la première fois, celui des Affaires étrangères. Premier ministre de 1938 à février 1939, il reprend son poste aux Affaires étrangères dans le cabinet Pierlot.

Ses efforts pour tenir la Belgique en dehors du conflit échouent et, en 1940, après un âpre conflit avec le roi Léopold III qui, en tant que chef de l'armée belge, signe l'acte de capitulation, Spaak s'installe, avec tous les autres ministres du gouvernement Pierlot, à Londres.

Après la libération de la Belgique en 1944, Spaak rentre dans sa patrie comme Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du gouvernement Van Acker. En 1946, il est élu comme premier président de l'Assemblée générale de l'O.N.U.

Paul Henri Spaak - crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Paul Henri Spaak

Chef de la diplomatie belge de 1945 à 1957, il joua un rôle essentiel dans le dénouement de la crise royale qui aboutit au départ de Léopold III en 1951.

Ardent défenseur de l'idée de l'unification de l'Europe, il tint un rôle de premier plan dans toutes les négociations européennes. Il est le premier président de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe (1949) et le premier président de l'Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (1952). Il lance en 1953 un appel en faveur d'une union politique de l'Europe.

Déjà, pendant la guerre, il avait négocié le traité du Benelux avec les représentants des gouvernements du Luxembourg et des Pays-Bas en exil. Aussi le retrouve-t-on tout naturellement au premier rang des défenseurs de la Communauté européenne de défense (C.E.D.) entre les six pays de la C.E.C.A., puis, après son rejet par la France (1954), de l'initiative pour une Communauté économique européenne. Il préside en 1956 et en 1957 le comité dit « Comité Spaak », qui prépare le traité signé par les six gouvernements à Rome, le 25 mars 1957.

Atlantiste convaincu, il succède en mai 1957 à lord Ismay comme secrétaire général de l'O.T.A.N. En 1961, il décide de répondre à l'appel de son parti pour diriger la campagne électorale. Celle-ci aboutit à la formation d'un cabinet d'union présidé par le social-démocrate Théo Lefèvre et au sein duquel Spaak est ministre des Affaires étrangères et Vice-Premier ministre.

En mars 1966, après la défaite électorale subie par les socialistes, Spaak se retire de la vie politique et, en 1971, il quitte même le parti qu'il a servi pendant toute sa vie. Il a laissé d'intéressants Mémoires publiés sous le titre de Combats inachevés.

— Louis METZEMAEKERS

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Pour citer cet article

Louis METZEMAEKERS. SPAAK PAUL HENRI (1899-1972) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Média

Paul Henri Spaak - crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Paul Henri Spaak

Autres références

  • BELGIQUE - Histoire

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    • 16 médias
    ...l'Euratom (1957). En dépit de sa taille modeste, elle parvint à jouer un rôle relativement important dans le domaine diplomatique. Entre 1950 et 1965, c'est Paul-Henri Spaak qui était ministre des Affaires étrangères : « Nous avons peur de vous », lança-t-il aux Russes, en pleine guerre froide ; aussi appuya-t-il...