VENEZIANO PAOLO (actif entre 1310 et 1358)

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Le premier nom qui apparaisse dans l'histoire de la peinture vénitienne. Ses œuvres connues, qui s'échelonnent de 1321 (polyptyque de Dignano) à 1358 (Couronnement de la Vierge, coll. Frick, New York), sont étroitement liées à l'art byzantin de l'époque, qu'il peut avoir connu grâce à un voyage à Constantinople ou seulement par les mosaïques, les icônes, les miniatures, largement répandues à Venise. Paolo Veneziano, cependant, n'ignore pas la peinture de la « terre ferme » et, si l'art de Giotto semble l'avoir peu marqué, il incline progressivement vers une manière plus souple, plus élégante, plus plastique aussi, qui est celle du trecento italien. La Mort de la Vierge (fragment d'un polyptyque, 1333, musée de Vicence) est d'une sévérité, d'une pureté encore byzantines. Dans le Couronnement de la Vierge (env. 1345, Académie, Venise), les figures de saints, les tissus rayés ou brodés d'or, très orientaux, dérivent des miniatures grecques du siècle précédent. Mais des détails iconographiques, comme celui des anges soutenant une draperie derrière le groupe central, la couronne posée sur la tête de la Vierge, sont empruntés au répertoire gothique. Le trait plus incisif, les drapés plus libres rendent compte de la même évolution, plus sensible encore dans les dernières œuvres, la Madone du Louvre (1352), le Couronnement de la Vierge. En restant fidèle à la somptuosité byzantine, aux ornements d'or, aux couleurs brillantes, Paolo Veneziano oriente la peinture de la fin du siècle vers un art de caractère décoratif et précieux qu'adopteront la plupart des peintres de la génération suivante. Il faut citer parmi eux Lorenzo Veneziano, actif de 1356 à 1379, non seulement à Venise (Annonciation, 1357), mais à Padoue, à Vicence et à Bologne, attaché à l'exemple de son maître, mais inclinant vers une manière assouplie qui témoigne d'un contact avec le gothique international.

La Vierge et l'Enfant, P. Veneziano

La Vierge et l'Enfant, P. Veneziano

photographie

Paolo Veneziano, La Vierge et l'Enfant, vers 1354. Tempera sur bois. Panneau d'un polyptyque. 

Crédits : A. De Gregorio/ De Agostini

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—  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

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Dans le chapitre « Venise et Byzance »  : […] Les invasions déterminèrent la chute de l'Empire romain d'Occident, et l'établissement des Barbares en Italie provoqua l'émiettement de l'unité de la Péninsule. En Vénétie, l'établissement des Longobards eut des conséquences importantes. Tandis que Cividale, capitale du duché, devient un centre de culture barbare, Byzance continue de dominer les côtes, jusqu'à ce que l'exarchat de Ravenne tombe, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/venise/#i_43666

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Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « VENEZIANO PAOLO (actif entre 1310 et 1358) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/paolo-veneziano/