ORCHIDALES

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Les variations de l'appareil floral

Les six pièces périanthaires diffèrent, suivant les genres et les espèces, par leurs dimensions, leurs formes et leurs teintes. Les dissemblances affectent surtout le verticille interne, dont la pièce antérieure (labelle), plus petite ou plus grande que les autres pièces florales, se distingue par une multitude de caractères : le labelle est entier, lobé ou déchiqueté, parfois très finement, mince ou épais, étalé ou enroulé, glabre ou velu, ou verruqueux, ou marqué de crêtes, d'une teinte uniforme ou panaché, pourvu ou non, à sa base, d'un cornet nectarifère (éperon) parfois très long. Les cinq autres pièces, étalées ou dressées, libres ou soudées (partiellement ou complètement), sont toutes semblables ou dissemblables ; si leurs formes, leur dimensions, leurs teintes sont très diverses, elles sont toujours lisses, entières et sans éperon.

Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Dessin : Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Détail de la fleur d'Orchis maculata et mécanisme de la pollinisation. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les variations de la colonne dépendent du nombre des étamines (deux ou une) soudées au style et de celui des lobes stigmatiques (trois ou deux) capables de recevoir le pollen. Chez les Orchidacées monostaminées, la soudure est totale entre le filet staminal et le style ; l'anthère sessile repose sur un plateau (rostellum) formé par le lobe stigmatique sous-jacent, non réceptif ; elle est libre ou soudée à son support. Les deux autres lobes stigmatiques sont confondus en une seule surface réceptive.

Les grains de pollen sont libres chez les Orchidacées bistaminées. Chez les monostaminées, ils sont agglutinés en pollinies qui touchent le rostellum, soit à la base de l'anthère (basitonées), soit à son sommet (acrotonées). Les pollinies basitonées sont granuleuses (grains de pollen médiocrement agglomérés) ou cohérentes mais cependant dissociables en grumeaux (massules) comprenant chacun de nombreux grains ; la partie inférieure de ces pollinies s'amenuise en un pédoncule (caudicule) formé de grains dégénérés et dont la base, renflée en un bouton adhésif, est incluse dans une petite cavité (bursicule) creusée sur le rostellum. Les pollinies acrotonées, très compactes, peuvent être libres vis-à-vis du rostellum ( : Dendrobium et Coelogyne) ou fixées à celui-ci, à leur sommet, par une soudure cireuse ; elles emportent alors, en se détachant, un corpuscule arraché au rostellum, corpuscule muni à son extrémité libre d'un bouton adhésif et comparable à un caudicule, mais d'origine différente ( : Oncidium). Le staminode antérieur des Orchidacées bistaminées est volumineux. Les staminodes latéraux des monostaminées sont généralement très petits, à peine visibles, et presque atrophiés.

Positions des anthères

Dessin : Positions des anthères

Coupes longitudinales de gynostème montrant les diverses positions des anthères. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Dessin : Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Détail de la fleur d'Orchis maculata et mécanisme de la pollinisation. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Positions des anthères

Dessin : Positions des anthères

Coupes longitudinales de gynostème montrant les diverses positions des anthères. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Positions des anthères

Dessin : Positions des anthères

Coupes longitudinales de gynostème montrant les diverses positions des anthères. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'ovaire, triloculaire chez les bistaminées, uniloculaire chez les monostaminées, subit, chez la plupart des Orchidacées, très précocement, une torsion de 1800 (résupination) : le labelle, morphologiquement supérieur et dressé, devient ainsi, secondairement, inférieur et pendant.

Les insectes pollinisateurs, généralement des Hyménoptères, « atterrissent » sur le labelle, heurtent le rostellum, libèrent et accrochent les pollinies dont les boutons adhésifs facilitent l'attache et, volant vers d'autres plantes, assurent des croisements entre individus (allogamie). La morphologie et le comportement des pollinisateurs sont étonnamment adaptés à l'architecture de chaque fleur. Chez quelques Orchidacées, apparemment peu nombreuses, la pollinie est capable d'atteindre, sans concours extérieur, la surface stigmatique sous-jacente (autogamie).

Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Dessin : Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Détail de la fleur d'Orchis maculata et mécanisme de la pollinisation. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les inflorescences sont extrêmement diverses. Les fleurs sont solitaires ou disposées en épis ou en grappes, simples ou composées, pauci- ou multiflores. Chez certaines espèces tropicales, l'inflorescence, haute de plusieurs mètres, porte des milliers de fleurs.

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Orchidées : types floraux

Orchidées : types floraux
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Paphiopedilium : fleur

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Positions des anthères

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Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation

Orchis maculata : fleur et mécanisme de pollinisation
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Écrit par :

  • : horticulteur-orchidéiste, membre associé du Muséum national d'histoire naturelle, membre d'honneur de la Bromeliard Society des États-Unis
  • : professeur honoraire à l'université de Paris-XI

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Pour citer l’article

Marcel LECOUFLE, Georges MANGENOT, « ORCHIDALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/orchidales/