ÖNGÜT

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Ancien peuple descendant d'une branche des Turcs Shato, qui avaient attaqué la Chine du Nord au xe siècle. Connus aussi sous le nom chinois de Bai Dada (« Tatars blancs », par opposition aux Hei Dada, « Tatars noirs » ou Mongols gengiskhānides), on trouve les Öngüt au début du xiie siècle sédentarisés en Mongolie méridionale (la région moderne de Suiyuan), au nord de la grande boucle du fleuve Jaune, le long de la chaîne des monts Daqing. Vassaux de la dynastie jürčen de Chine du Nord, les Jin, pour le compte de qui ils gardent les passes du nord-ouest du Shānxi, conduisant de Mongolie en Chine, et alliés aux Naiman par de nombreuses unions matrimoniales, ils ont atteint un niveau de civilisation relativement élevé et sont des adeptes du nestorianisme (les archéologues ont découvert dans leur zone d'habitat de nombreux objets nestoriens). Entre 1204 et 1207, sous la conduite de leur souverain Alaquš-tegin-qori, ils abandonnent le camp des Naiman et celui des Jin et passent, non sans dissensions internes, dans celui de Gengis khān, lui ouvrant ainsi la voie de l'invasion vers les plaines de Chine. Les nobles öngüt, dès lors alliés par mariage aux Gengiskhānides et comblés d'honneurs, font office, auprès des Mongols, de maîtres de civilisation et aident à la diffusion du nestorianisme en Chine et en haute Asie, puis, après leur conversion par Jean de Montecorvino, au christianisme romain. Leur pays, connu de l'Occident de l'époque, grâce à Marco Polo qui y passe en 1275, sous le nom de Tenduc (déformation d'une prononciation ancienne du nom chinois qui le désigne : Tiande), a été considéré par les missionnaires franciscains et dominicains des xiiie et xive siècles comme la patrie du « roi Georges », un prince chrétien qui aurait été disposé, tout comme le légendaire « Prêtre Jean », à soutenir à revers les croisés dans leur reconquête des Lieux saints. Cette pieuse illusion n'était pas invention totale : le petit-fils d'Alaquš-tegin-qori — petit-fils aussi de Qubilai par sa mère — s'appelait Georges (ou, plus exactement, d'après les textes chinois, Kuolijisi, soit Gorgis), et il se montra un soldat brave et généreux (il est mort en 1298 exécuté par le clan de Qaidu, ennemi de la branche gengiskhānide de Chine qu'il servait).

—  Françoise AUBIN

Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S. et à la Fondation nationale des sciences politiques (C.E.R.I)

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MONGOLIE, histoire

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  • Françoise AUBIN, 
  • Vadime ELISSEEFF
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Dans le chapitre « Le Conquérant du monde »  : […] Les premières années qui suivirent le quriltai de 1206 marquent une nouvelle étape dans la formation du monde gengiskhanide, par l'adhésion spontanée au jeune État mongol des grands peuples turco-mongols sédentarisés qui, intermédiaires entre les nomades et la Chine, vont jouer le rôle d'initiateurs à la civilisation et de guides pour la préparation des invasions en pays sédentaires. Ce sont, en 1 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mongolie-histoire/#i_32620

Pour citer l’article

Françoise AUBIN, « ÖNGÜT », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ongut/