ROZANOVA OLGA VLADIMIROVNA (1886-1918)

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L'artiste Olga Vladimirovna Rozanova est née à Melenki en 1886. Elève des écoles d'art Bolchakov et Stroganov de Moscou de 1904 à 1910, elle suit les cours d'Elizaviéta Zvantséva en 1912-1913. Alors qu'elle participe depuis 1911 aux événements du groupe avant-gardiste L'Union de la jeunesse, la jeune femme rencontre le poète transmental Alexeï Elisseievitch Kroutchenykh, et réalise ce qui compte parmi les premiers poèmes-peintures de l'art du xxe siècle (La Pléiade... des gros mots, 1913 ; Té-li-lé, 1914 ; Le Livre Zaoum, 1915 ; La Guerre, 1916). Telle une partition colorée, l'illustration de Rozanova fait écho aux mots, donnant naissance à une chromopoésie originale. L'artiste prépare également quelques essais théoriques et compose des vers dans le style transmental (zaoum). Ses premières peintures relèvent du style néo-primitiviste russe. Influencée par le cubisme et le dynamisme futuriste, Rozanova s'éloigne progressivement de la figuration (Paysage-inertie, 1913 ; Trajectoires du mouvement du soleil, 1913). Elle participe à l'Exposition internationale des futuristes libres de Rome en 1914 et les œuvres qu'elle présente à 0,10, dernière exposition futuriste de tableaux organisée par Pougny en décembre 1915 à Petrograd, se situent entre cubo-futurisme et abstraction. En 1916, elle rejoint le mouvement Supremus conduit par Malévitch, intégrant de manière singulière le collage comme surface plane et colorée à la composition picturale. Elle occupe alors le poste de secrétaire de rédaction de la revue Supremus (qui ne paraîtra pas). La couleur est, selon l'artiste, une qualité déterminante, dont toute forme, comprenant les plus minimales, doit dériver [Bande verte (couleur-peinture), 1917] ; la faktura crée également des dissonances rythmiques, accentuant le potentiel dynamique de la « couleur-peinture » (tsvetopis). Mariée à Kroutchenykh en 1916, Rozanova prend au lendemain de la révolution ses distances avec le suprématisme, et participe activement à la propagation de l'art moderne dans les provinces de Russie. Elle meurt prématurément à l'âge de trente-deux ans, emportée par la diphtérie en 1918. Deux expositions posthumes lui sont immédiatement consacrées (Première exposition d'État, décembre 1918-janvier 1919 ; Dixième exposition d'État : Création non objective et suprématisme, 1919).

—  Cécile GODEFROY

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SUPRÉMATISME

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  • Andréi NAKOV
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Dans le chapitre « Sculpture et collages »  : […] La première phase du suprématisme sera marquée par cette liberté de la couleur qui entraîne Malevitch dans une richesse de formes géométriques sans poids, librement projetées dans un espace « illimité ». Les formes « flottantes », affirmant la liberté de déplacement dans un espace « sans dieu et sans matière », seront le but du peintre à partir du début du suprématisme. Cela conduira Malevitch à u […] Lire la suite

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Cécile GODEFROY, « ROZANOVA OLGA VLADIMIROVNA - (1886-1918) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/olga-vladimirovna-rozanova/