NORODOM SIHANOUK (1922-2012) roi du Cambodge (1941-1955, 1993-2004)

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Roi du Cambodge de 1941 à 1955, puis de 1993 à 2004, Norodom Sihanouk est né à Phnom Penh le 31 octobre 1922.

Fils de Norodom Suramarit et de Kossamak Nearireath, le jeune prince cambodgien Norodom Sihanouk fait des études à Saigon puis à Paris. Appelé à succéder à son grand-père le roi Sisowath Monivong le 23 avril 1941 (la monarchie cambodgienne est élective), il est couronné le 28 octobre de la même année. La France ayant reconnu le 7 janvier 1946 l'autonomie interne du Cambodge, le jeune roi donne le 6 mai 1947 une Constitution « démocratique et libérale » au peuple khmer : profondément religieux et très populaire parmi ses sujets, il entreprend en promulguant celle-ci de faire participer toutes les couches sociales à la vie politique du pays. La chose est d'autant plus difficile que le Cambodge se trouve alors marqué par les influences contraires, japonaises et françaises, qu'il a subies, qu'une représentation par partis politiques de type européen n'existe pas et que l'influence de la couronne demeure prépondérante ; de plus, si la France reconnaît, le 8 novembre 1949, l'indépendance du pays, elle contrôle encore, malgré le roi, le pays comme un protectorat et en régente l'organisation militaire, diplomatique et judiciaire. De longues négociations menées par Sihanouk feront entrer, en 1952, le pays en possession de sa pleine souveraineté.

La même année, Sihanouk doit faire face à une opposition de gauche menée par l'ancien Premier ministre Son Ngoc Thauk ; pour mieux la combattre, il mène une double action, faisant réprimer par son armée un début de maquis et se rendant à Paris pour vaincre les dernières réticences de la France. Dans cette même optique de totale indépendance, il engage, en décembre 1953, l'armée khmère contre des bases viêt-minh implantées depuis peu au Cambodge. La signature des accords de Genève (1954) consacre l'indépendance complète du pays à l'égard tant de la France que du Vietnam. Nationaliste militant et personnalité charismatique, Sihanouk venait de mener à terme son œuvre de libération du Cambodge ; aussi le référendum du 7 février 1955 est-il pour lui un plébiscite. Sihanouk toutefois abdique en 1955 en faveur de son père : voulant édifier un régime démocratique et lutter contre les oligarchies, il se libère d'abord des obligations et des contraintes protocolaires qui pèsent sur un souverain.

Homme politique, il unifie les factions khmères et crée un mouvement d'unité nationale, le Sangkum Reastr Niyum (Communauté socialiste populaire) ; celui-ci obtient 82 p. 100 des voix aux élections de 1955 et la totalité des sièges parlementaires. Nommé Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Sihanouk engage le Cambodge sur la voie d'un « socialisme inspiré des traditions bouddhiques » : animant une politique agricole et sanitaire ambitieuse, il engage, en 1955, son pays dans la voie du neutralisme et refuse de faire adhérer le Cambodge à l'O.T.A.S.E. Lorsque Norodom Suramarit meurt en 1960, Sihanouk est pressé par les Khmers de remonter sur le trône ; il accepte seulement de devenir chef de l'État cambodgien, laissant le trône à la reine mère. Préconisant la création d'une zone neutre dans le Sud-Est asiatique que formeraient le Cambodge et le Laos, il obtient, en 1962, de voir consacrer la neutralité du Laos par une conférence internationale réunie à Genève ; son pays n'obtient pas alors ce statut pourtant désiré. Neutraliste convaincu, Sihanouk participe à la conférence de Colombo de 1962, destinée à régler le conflit sino-indien. Le Premier cambodgien devait, étant donné ses affinités avec les dirigeants chinois, assister à Pékin aux fêtes célébrant le quinzième anniversaire de la république populaire de Chine.

Norodom Sihanouk à Moscou, 1956

Photographie : Norodom Sihanouk à Moscou, 1956

Norodom Sihanouk, Premier ministre cambodgien, est en visite à Moscou, en 1956. Il est assis au centre en compagnie des dirigeants soviétiques : de droite à gauche, Molotov (1890-1986), Boulganine (1895-1975) et Khrouchtchev (1894-1971). 

Crédits : Keystone/ Hulton Royals Collection/ Getty Images

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Refusant de servir de bouclier anticommuniste, le Cambodge renonce, en 1963, à l'aide américaine. Le relâchement des relations entre Washington et Phnom Penh s'amplifie avec la guerre du Vietnam jusqu'au coup d'État de 1970 par lequel le général Lon Nol va ranger le pays sous l'influence nord-américaine. Séjournant en France pour raisons médicales lorsque intervient le renversement du pouvoir par la droite cambodgienne, Sihanouk condamne le nouveau régime. Revenu clandestinement au Cambodge, il crée le Front uni national du Kampuchea (F.U.N.K.) et prépare l'établissement d'un g [...]

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Norodom Sihanouk à Moscou, 1956

Norodom Sihanouk à Moscou, 1956
Crédits : Keystone/ Hulton Royals Collection/ Getty Images

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Norodom Sihanouk

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Crédits : Idambies/ Shutterstock

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CAMBODGE

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LON NOL (1913-1985)

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Pour citer l’article

Yvan BARBÉ, « NORODOM SIHANOUK (1922-2012) - roi du Cambodge (1941-1955, 1993-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/norodom-sihanouk/