KARAMZINE NIKOLAÏ MIKHAÏLOVITCH (1766-1826)

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Homme de lettres et historien russe, journaliste, Karamzine propagea les idées et les œuvres occidentales et introduisit, en Russie, le sentimentalisme. Variée et abondante, son œuvre marque une étape importante dans l'évolution de la langue littéraire russe dont il est du reste un théoricien. On lui doit, d'autre part, la première grande histoire de Russie, demeurée classique, l'Histoire de l'État russe.

Héritier à la fois du spiritualisme de la fin du xviie siècle et de la philosophie des Lumières, Karamzine a tenté une synthèse de la culture russe et des grandes cultures européennes qui imprégnera les débuts du xixe siècle en Russie. Grâce à lui, quelques années seulement séparent le xviiie siècle de l'âge d'or de la poésie russe.

Un Russe européen

Né à Mikhaïlovka d'une famille de noblesse provinciale (qui avait un célèbre ancêtre tartare), Nikolaï Mikhaïlovitch Karamzine, après des études à Moscou, s'initie très tôt à la franc-maçonnerie sous l'influence de Nikolaï Ivanovitch Novikov et collabore à plusieurs de ses publications.

Dès 1787, il édite des traductions de Mme de Genlis, Thomson, Shakespeare (Jules César) et Lessing. Après un tour d'Europe (1789-1790), il fonde une revue mensuelle, Moskovskij Žurnal (La Revue de Moscou), où il publie plusieurs de ses œuvres les plus célèbres : Pis'ma russkogo putešestvennika (Les Lettres d'un voyageur russe), récit de son voyage en Europe, Bednaja Liza (La Pauvre Lise), Natal'ja Bojarskaja doč' (Nathalie, fille de boïard), mais aussi des traductions de tous les grands écrivains occidentaux, particulièrement des sentimentalistes, et des rubriques de critique littéraire ou théâtrale. En 1802-1803, une nouvelle revue, Vestnik Evropy (Le Messager de l'Europe), avec la collaboration de plusieurs écrivains, dont Gavrila Romanovitch Derjavine et le jeune Vassili Andréïévitch Joukovski. La revue est consacrée à la littérature, aux questions d'esthétique et de politique : volonté d'éduquer un large public, de lui faire connaître la vie intellectuelle de l'Europe, de contribuer à son perfectionnement intellectuel et moral qui ne quittera jamais l'écrivain. Cette action sera efficace : plus qu'aucun autre courant littéraire jusqu'alors, le sentimentalisme exercera une profonde influence sur la sensibilité d'un vaste public jusqu'au milieu du xixe siècle.

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Dans le chapitre « La littérature européenne en Russie (1730-1825) »  : […] d'un genre mis à la mode par Sterne, les nouvelles de Nicolas Karamzine (Karamzin, 1766-1826) donnent à la prose russe une qualité littéraire nouvelle. C'est surtout dans la poésie que la sensibilité triomphante impose son esthétique, fondée sur la prééminence des « petits genres », de la poésie légère et élégiaque, sur l'ode traditionnelle, et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/russie-arts-et-culture-la-litterature/#i_1096

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Jean BONAMOUR, « KARAMZINE NIKOLAÏ MIKHAÏLOVITCH - (1766-1826) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nikolai-mikhailovitch-karamzine/