KARABATIC NIKOLA (1984- )

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Élu meilleur handballeur du monde de l’année 2007 puis de l’année 2014, Nikola Karabatic est la figure de proue de l'équipe de France championne d'Europe en 2006, en 2010 et en 2014, championne olympique à Pékin en 2008 puis à Londres en 2012, championne du monde en 2009, en 2011 et en 2015. Organisateur du jeu d'attaque, buteur inspiré, il est aussi le plus médiatisé des joueurs français. Dès 2004, il a ainsi créé une société qui gère son image. Selon L’Équipe Magazine, ses revenus se montaient à 650 000 euros en 2012, une somme considérable pour un handballeur.

Nikola Karabatic est né le 11 avril 1984 à Niš (Yougoslavie, aujourd'hui Serbie), d'un père croate, Branko Karabatic – qui fut le gardien de but de l'équipe de Yougoslavie aux jeux Olympiques de Moscou en 1980 – et d'une mère serbe. La famille gagne la France alors que l'enfant est âgé de quatre ans. À six ans, il commence à jouer au handball, au Colmar H.B. En 1992, il rejoint le Thau Handball Club de Frontignan. L'enfant est doué – ses coéquipiers ont tous quatre ans de plus que lui – et ambitieux. L'adolescent travaille avec acharnement, s'impose des séances de musculation supplémentaires, parvient à concilier sa vie de lycéen (il obtient le bac S avec mention) et sa carrière naissante de handballeur de haut niveau. En 2000, il signe au Montpellier Handball. Avec le club de l'Hérault, il est quatre fois champion de France (2002-2005), remporte quatre fois la Coupe de France (2001-2003, 2005) et, surtout, gagne la Ligue des champions en 2003. En 2005, il quitte Montpellier et rejoint le club de Kiel, en Allemagne. Certains de ses proches craignent qu'il soit alors trop jeune (vingt et un ans) pour se lancer dans une aventure à l'étranger. Mais l'entraîneur de sa nouvelle équipe, Zvonimir Serdarusic, un ancien international yougoslave, sait le convaincre. Surtout, il rejoint dans le club allemand son idole, Stefan Lövgren, champion du monde (1999) et quatre fois champion d'Europe avec l'équipe de Suède. Enfin, pour assouvir son ambition, il sait qu'il lui faut évoluer en Bundesliga, le championnat national le plus relevé du monde. Karabatic s'impose rapidement à Kiel, devenant la star du club. Il est champion d'Allemagne en 2006, 2007 et 2008, et remporte la Ligue des champions en 2007. Néanmoins, il souhaite relever de nouveaux défis. En juin 2009, il rejoint son ancien club, le Montpellier Handball, qui propose un projet sportif ambitieux. En 2012, son nom est cité dans une affaire de paris suspects qui touche son club. Au début de 2013, il quitte Montpellier et s’engage avec le Pays d’Aix Université Club. En juin 2013, il rejoint le F.C. Barcelone. En juillet 2015, Nikola Karabatic s’engage avec le Paris-Saint-Germain Handball.

En équipe de France, Nikola Karabatic fait ses débuts en novembre 2002, à dix-huit ans, et gagne rapidement une place de titulaire au sein du sept tricolore : alors arrière gauche, il devient vite l'un des meilleurs buteurs de l'équipe nationale. Avec les Bleus, il obtient la médaille de bronze au Championnat du monde en 2003, puis en 2005. En 2006, lors du Championnat d'Europe, il montre tout son talent. Jackson Richardson a pris sa retraite internationale et l'équipe de France se cherche une nouvelle star : Nikola Karabatic sera celle-ci. En finale, il inscrit 11 buts face à l'Espagne, et les Bleus sont champions d'Europe (31-23).

Le Championnat du monde 2007 laisse aux Français un goût d'inachevé (quatrième place), mais Karabatic se voit élu meilleur arrière gauche du tournoi. Pour lui et ses partenaires se profile un nouvel objectif : les jeux Olympiques de Pékin, en 2008. Au sein de l'équipe de France, le rôle de Nikola Karabatic évolue : il n'est plus positionné au poste d'arrière gauche, mais il joue demi-centre. En effet, notamment en suivant les conseils de Zvonimir Serdarusic à Kiel, il a développé son jeu de passes, aiguisé son approche tactique dans la façon dont il convient de mettre en place une attaque en fonction du type de défense proposé par l'adversaire. Lors du tournoi olympique, son rôle est d'organiser le jeu d'attaque de l'équipe de France ; le buteur s'est mué en leader de jeu, au service du collectif. Comme toute l'équipe de France, il réalise un parcours sans fautes, sérieux plus qu'éclatant, s'acharnant, à titre personnel, à assumer ses tâches défensives, à trouver des solutions pour faire briller ses camarades. Mais, en finale face à l'Islande, il redevient « artificier ». Son aptitude au tir, sa capacité à provoquer les défenses font merveille : l'équipe de France s'impose facilement (28-23), Karabatic (8 buts, 80 p. 100 de réussite au tir) est le meilleur buteur de la partie. Meilleur buteur français lors du tournoi olympique à Pékin (37 buts), il préfère néanmoins mettre en avant un autre classement personnel : celui qui associe le nombre de buts inscrits et le nombre de passes décisives (34) – signe de l'importance d'un homme dans une réussite collective. Là, Nikola Karabatic se situe, à Pékin, loin devant ses partenaires et ses adversaires. La nouvelle vedette du handball a fait honneur à son statut de meilleur joueur du monde.

Dès le début de 2009, il doit relever un autre défi avec l'équipe de France : tenter de devenir champion du monde en Croatie, le pays de son père. Malgré les multiples sollicitations médiatiques liées à sa notoriété et à ses origines, il conserve toute sa concentration. Sous les huées du public croate, il ne se départ jamais de son calme. Et il élargit encore son registre sportif, en finale notamment. Face à la Croatie, le 1er février, il fait l'objet d'une surveillance plus qu'étroite en attaque (il n'inscrit que 2 buts). Mais il pose le jeu de l'équipe de France, impose son rythme au match, effectue un intense travail en défense et fait preuve d'une impressionnante intelligence tactique. Dans ce rôle inédit, il mène la France à la victoire (24-19), dans l'Arena de Zagreb chauffée à blanc par quinze mille spectateurs hostiles. Il est élu meilleur demi-centre du Championnat du monde.

En janvier 2010, lors du Championnat d'Europe en Autriche, Nikola Karabatic est une nouvelle fois un élément essentiel de la victoire de l’équipe de France. Solide en défense, il atteint une sorte de perfection en demi-finale face à l'Islande : réussissant un 100 p. 100 au tir, il permet aux Bleus de creuser l'écart et de s'imposer facilement (36-28) ; il est également le meilleur joueur de la finale face à la Croatie (25-21), inscrivant 6 buts et adressant 5 passes décisives. Avec les Bleus, il a donc remporté consécutivement les trois compétitions majeures : jeux Olympiques, Championnat du monde et Championnat d’Europe, réalisant un triplé inédit.

Jamais rassasié, il continue de briller. Ainsi, en janvier 2011, lors du Championnat du monde disputé en Suède et de nouveau remporté par l’équipe de France, il est élu [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « KARABATIC NIKOLA (1984- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nikola-karabatic/