NGAWANG LOBSANG GYATSO, Ve dalaï-lama

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Celui qui allait réaliser l'unité du Tibet et imposer durablement la prédominance de son école, dite des « vertueux » (dGe-lugs-pa), naquit en 1617, au moment où les princes des deux provinces centrales, dBus et gTsang, se combattaient pour imposer leur pouvoir et la suprématie de l'école bouddhique que chacun patronnait : respectivement les dGe-lugs-pa et les Karma-pa. Reconnu à l'âge de six ans comme la réincarnation du quatrième dalaï-lama, Ngag-dbang-blo-bzang-rgya-mtsho reçut l'éducation monastique traditionnelle au monastère de Drepung. Le chef de la tribu mongole des Qoshot, Gushri khan, devint son disciple et protecteur. Il vainquit successivement les alliés mongols et tibétains des princes du gTsang et, en 1642, défit ces derniers et conquit leur territoire. Il offrit ses conquêtes au dalaï-lama qui nomma un régent pour le seconder et installa son gouvernement à Lhasa. La construction du palais du Potala, débutée en 1645, marquait symboliquement le retour du Tibet à un pouvoir fort et centralisé, puisque le fondateur de la dynastie royale de Yarlung (640-environ 842), Srong-btsan-sgam-po (Songtsen Gampo), avait, dit-on, construit sa demeure à cet emplacement. Le dalaï-lama réorganisa l'administration et instaura des cérémonies qui renouaient volontairement avec celles de la monarchie disparue. Son prestige auprès des tribus mongoles était tel que les empereurs chinois de la dynastie mandchoue cherchèrent sa médiation dans leurs conflits avec celles-ci. Homme d'État, le Grand Cinquième était aussi un moine strict, un mystique, et un homme éclairé. Écrivain prolifique dans tous les domaines des sciences traditionnelles, sacrées et profanes, il rassembla autour de lui des artistes, ordonna la révision de textes fondamentaux et suscita des écrits polémiques. Il mourut en 1682, léguant à ses successeurs une forme de gouvernement qui demeura pratiquement inchangée jusqu'à l'invasion chinoise de 1950.

—  Anne-Marie BLONDEAU

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études, section des sciences religieuses (religions tibétaines), responsable de l'U.A. 1229 du C.N.R.S. (langues et cultures de l'aire tibétaine)

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Pour citer l’article

Anne-Marie BLONDEAU, « NGAWANG LOBSANG GYATSO, Ve dalaï-lama », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ngawang-lobsang-gyatso-ve/