RODRIGUES NELSON (1912-1980)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Né le 23 août 1912 à Recife, Nelson Rodrigues Falcão, rénovateur du théâtre brésilien, est mort à Rio de Janeiro le 21 décembre 1980.

L’école de Nelson Rodrigues a d’abord été le journalisme populaire. À treize ans, il rédige ses premiers « faits divers » pour A Manhã, un quotidien de Rio dirigé par son père. Nelson le suit, avec certains des quatorze membres de sa fratrie, quand Mário Rodrigues, licencié, fonde A Crítica. Le 26 décembre 1929, un de ses frères Roberto, dessinateur, est mortellement blessé par une femme venue à la rédaction pour se venger d’un reportage salissant son honneur. Effondré, le père meurt le 15 mars 1930. Le 24 octobre, les locaux de A Crítica sont mis à sac par les partisans de Vargas, devenu président à la suite d’un coup d’État. La précarité dans laquelle plonge l’économie familiale explique peut-être la tuberculose que Nelson Rodrigues contracte en 1935, et dont meurt un autre frère, Joffre, l’année suivante. Ces décennies de formation affûtent un trait acide et provocateur, loin de toute auto-complaisance.

En 1942, Nelson Rodrigues fait ses débuts de dramaturge avec A mulher sem pecado, qui connaît un succès d’estime. Le triomphe est ensuite unanime pour Vestido de noiva, créé à la fin 1943 par la troupe des Comediantes. Le renouveau de la scène brésilienne auquel on assiste alors tient autant au jeu expressionniste qu’aux audaces de l’écriture. Les échanges bavards et les numéros d’acteur de la comédie boulevardière laissent place à un langage heurté ; les cloisons traditionnelles entre codes et genres tombent ; surtout, une représentation non mimétique s’impose. Nelson Rodrigues choisit la discontinuité à tous les niveaux, brise l’ordre chronologique en introduisant des scènes rétrospectives ou simultanées, mobilise enregistrements et microphone, à l’instar de La Machine infernale de Cocteau, utilise toutes les ressources du cube scénique, du son et des éclairages, pour emporter l’adhésion du public. Dans un jeu constant entre mémoire et hallucination, l’entremêlement des fantasmes et du [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Michel RIAUDEL, « RODRIGUES NELSON - (1912-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nelson-rodrigues/