NÉFERTITI ou NOFRETITI, reine d'Égypte (XIVe s. av. J.-C.)

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Reine d'Égypte, épouse du roi Akhenaton (r. vers 1352-1336 av. J.-C.).

On ignore la généalogie de Néfertiti. Son nom, parfois mentionné sous la forme Neferneferuaten, signifiant « la Belle est venue », a fait penser aux premiers égyptologues qu'elle était peut-être une princesse mitannienne. De nombreux détails suggèrent cependant qu'elle serait la fille, née en Égypte, du chef de la cavalerie d'Akhenaton, Ay, également frère de la mère d'Akhenaton, la reine Tiyi. Si le nom des parents de Néfertiti n'est pas connu avec certitude, on sait en revanche qu'elle a une sœur cadette, Moutnedjemet. Néfertiti enfantera six filles en dix ans de mariage, les trois premières étant nées à Thèbes, et les trois dernières à Tell el-Amarna. Deux d'entre elles deviendront à leur tour reine d'Égypte.

Les plus anciennes représentations de Néfertiti proviennent des tombeaux thébains d'un proche du roi, Parennefer, et du vizir Ramose, où elle apparaît aux côtés de son époux. Dans le temple de Thèbes qui abritait la pierre Benben, objet de culte associé au rite solaire, Néfertiti joue un rôle plus important dans le culte du dieu Soleil, Aton. Usurpant les privilèges du roi, elle apparaît à la fois comme prêtresse et offrande destinée à Aton. Des blocs de pierre découverts dans le temple de Louxor, au sanctuaire de Karnak, et à Hermopolis magna (ou Achmunein) montrent Néfertiti dans une pose conventionnelle, châtiant les ennemis de l'Égypte. Elle porte la couronne qui lui est propre : une haute coiffe bleue à bord lisse et à sommet plat.

À la fin de la cinquième année de règne d'Akhenaton, Aton est devenu le principal dieu égyptien. Le roi fait fermer les temples du culte officiel et transfère la cour dans une capitale qu'il fait construire à l'occasion, dédiée au dieu Aton et baptisée Akhetaton, « Horizon d'Aton » (nom antique de Tell el-Amarna). Néfertiti continue à y jouer un grand rôle religieux, adorant le dieu solaire avec son époux et servant d'élément féminin dans la triade divine qu'ils forment ensemble. Sa sexualité, accentuée par les courbes exagérément féminines de son corps et par les fines robes de lin épousant ses formes, ainsi que sa fécondité, soulignée par l'apparition constante des six princesses à ses côtés, indiquent qu'elle est alors considérée comme l'incarnation de la déesse de la fertilité. Néfertiti et la famille royale apparaissent sur des stèles de prière privées et sur les parois de sépultures non royales, tandis que Néfertiti est représentée debout au quatre coins du sarcophage de son époux.

Certains historiens, se fondant sur les reliefs et la statuaire représentant Néfertiti, pensent qu'elle était peut-être associée à l'exercice du pouvoir et régnait aux côtés du roi. Les divers indices ne permettent cependant pas de tirer des conclusions définitives et aucun écrit ne confirme un tel statut politique.

Peu après l'an XII du règne d'Akhenaton, l'une des princesses meurt, trois autres disparaissent (probablement mortes également) et plus aucune mention n'est faite de Néfertiti. On en conclurait facilement que la reine trouve elle aussi la mort, mais il n'existe aucune trace de cet événement et aucune preuve qu'elle ait été ensevelie dans la tombe royale d'Amarna. Les premiers égyptologues, examinant les écritures découvertes dans le temple solaire de Marou-Aton à Amarna, ont déduit à tort que Néfertiti s'était séparée d'Akhenaton et s'était retirée dans le palais du nord de la cité ou à Thèbes. Cette théorie est aujourd'hui contestée. D'autres experts ont avancé qu'elle aurait survécu à son époux, pris le nom de Smenkhkare et régné seule avant de transmettre le trône à Toutankhamon. Divers indices concordant tendent à prouver l'existence d'un pharaon du nom de Smenkhkare, mais l'identification au xxe siècle d'un corps masculin enseveli dans la Vallée des Rois et présenté comme le frère de Toutankhamon rend peu crédible l'assimilation de Néfertiti au roi Smenkhkare.

La dépouille de Néfertiti n'a jamais été découverte. Si elle avait été enterrée à Amarna, il est inconcevable qu'elle n'ait pas été ensevelie dans la tombe royale. Mais les sépultures dans la Vallée des Rois confirment qu'au moins un des corps enterré à Amarna a été exhumé pour être rapatrié à Thèbes sous le règne de Toutankhamon. Les égyptologues supposent donc que la dépouille de Néfertiti pourrait être l'un des corps non identifiés découverts dans les cachettes de la Vallée des Rois abritant des momies royales. Au début du xxie siècle, l'attention s'est tournée vers la « jeune femme » mise au jour dans la tombe d'Aménophis II, bien qu'il soit désormais admis que la défunte était très certainement trop jeune pour être Néfertiti.

La ville d'Amarna sera abandonnée peu après la mort d'Akhenaton et Néfertiti sera oubliée jusqu'en 1912. Une mission archéologique allemande conduite par Ludwig Borchardt découvre alors un buste polychrome de la reine dans les ruines de l'atelier du sculpteur Thoutmes à Amarna. Exposé au musée égyptien de Berlin dès les années 1920, le buste attire aussitôt l'attention du monde entier. Néfertiti devient ainsi aux yeux du public l'une des femmes les plus reconnaissables et, malgré son œil gauche manquant, les plus belles du monde antique.

Néfertiti

Photographie : Néfertiti

Buste de Néfertiti découvert à Tell el-Amarna par Ludwig Borchardt en 1912 (Musée égyptien de Berlin). 

Crédits : S. Gallup/ Getty

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Écrit par :

  • : archéologue et chercheur universitaire honoraire à l'école d'archéologie, d'études classiques et d'égyptologie de l'université de Liverpool

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Pour citer l’article

Joyce TYLDESLEY, « NÉFERTITI ou NOFRETITI, reine d'Égypte (XIVe s. av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nefertiti-nofretiti/